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Mexique - la démocratie ne s’achète pas!

 

 

Ce samedi 07 juillet, une semaine à peine après les élections générales au Mexique, pour lesquelles les Mexicains devaient élire leur President, ainsi que leurs députés et sénateurs, des dizaines de milliers de mexicains ont marché pacifiquement jusqu’au Zocalo (Place principale de la capitale) pour dénoncer une campagne électorale plus que douteuse.

Mexique

La plupart des participants à cette marche étaient étudiants mais toutes les générations étaient représentées. Ils sont venus contester l’élection de Enrique Peña Nieto avec 38,5% des votes, candidat du PRI (Parti de la Révolution Institutionnelle). Une élection qu’ils considèrent à juste titre comme largement tronquée, même si le dépouillement des scrutins fut plutôt régulier grâce a la pression du mouvement soy132 et de la coalition PRD-PT sur l’Institut Federal electoral (IFE). Le message sur les panneaux écrits en plusieurs langues dont le francais étaient sans équivoque « ¡Fuera Peña Nieto! » (Dehors Peña Nieto!).

Mais il s’agissait également de s’opposer aux politiques néo-libérales qui ont prévalu jusque-là au Mexique, creusant toujours plus les inégalités entre une minorité oligarchique et le reste de la population.

Le retour du PRI au pouvoir - alors qu’il le fut pendant 71 ans - n’est pas l’expression du libre choix de la majorité. Il est le résultat d’une longue campagne orchestrée par les deux principales chaines de télévision privées Televisa et Azteca qui ont littéralement fabriqué le candidat du PRI comme un produit médiatique dont la victoire était annoncée par avance. De nombreuses irrégularités ont aussi été dénoncées avant le scrutin notamment le dépassement par le PRI des dépenses de campagne en ayant recours à des financements privés ou à des détournements de fonds publiques. La coalition de gauche ainsi que le parti au pouvoir PAN, ont mis en évidence l’achat massif de votes dans les couches populaires de l’électorat selon des méthodes plus ou moins sophistiquées : distribution de denrées alimentaires ou de matériaux de construction, distribution de porte-monnaie électroniques d’une grande chaine de supermarchés etc. Le nombre de votes ainsi achetés s’élèverait à 5 millions, ce qui justifie un recours en annulation devant les autorités électorales. Le candidat de la gauche, Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO), a d’ailleurs annoncé qu’il utiliserait toutes les voies légales pour obtenir l’annulation de l’élection présidentielle. Le PRI est réapparu sous son vrai visage, celui d’un parti autoritaire et corrompu, désormais converti au néolibéralisme..

La volonté de changement exprimée par des millions de mexicains durement touchés par les politiques néolibérales mises en œuvre depuis plus de 20 ans par le PRI et le PAN a pris lors de ce scrutin une tournure nouvelle avec la creation du mouvement « Soy132 » (je suis 132 personnes). Ce mouvement doit son nom au nombre d’étudiants d’universités publiques et privées qui le composaient à sa création en mai dernier, et qui participaient a cette marche. "Soy 132", inspiré par les mouvements étudiants chiliens et québécois ainsi que des indignés, a pour double objectif de stopper la marchandisation de l’éducation et de prôner la démocratisation des médias. Ce mouvement a soutenu Andres Manuel Lopez Obrador tout au long de la campagne en appelant à battre le candidat du PRI. Ils exprimaient ainsi leur rejet catégorique du probable président Enrique Pena Nieto et rappellent à qui veut l’entendre que selon le système électoral mexicain, les résultats doivent encore être validés par le Tribunal Fédérale Électorale en septembre prochain.

Le Parti de Gauche appuie la coalition de gauche PRD-PT- mouvement citoyen et exprime sa solidarite avec le mouvement " soy132" qui oeuvre légitimement auprès de l’Institut fédérale électoral (IFE) pour que toute la lumière soit faite sur les méthodes plus que douteuses employées par le PRI pendant la campagne. Les mexicains revendiquent leur droit à une démocratie digne de ce nom qui ne soit pas, pour une fois, viciée par la fraude, la corruption et le clientélisme.