
A quelques jours du premier tour des régionales, le pouvoir semble vaciller. A son entrée en campagne, l'UMP espérait désamorcer le vote sanction en annonçant par avance que le résultat des régionales ne lui ferait pas changer d'un pouce sa politique. Mais la semaine dernière plusieurs ministres entamaient un spectaculaire virage sur l'aile en admettant qu'ils en tiendraient compte. Sarkozy a tenté tout récemment de stabiliser cette trajectoire chaotique en écartant tout remaniement ministériel. Non seulement ce n'est pas la question qui lui est posée. Mais cela en fait surgir une autre : s'il ne changera pas ses ministres, changera-t-il sa politique ? Ces embardées prouvent leur embarras. Faut-il passer en force au péril d'un soulèvement général ou composer au risque d'encourager l'adversaire ? Ils ne savent plus comment s'y prendre.
Il faut dire que ces quelques semaines de campagne ont déjà modifié le paysage politique du pays. Modem, Europe Ecologie... les forces jusqu'ici ascendantes nourrissaient la course au centre. Toute la question était de savoir qui prendrait la tête d'un pôle démocrate en voie de réalisation. La campagne est venue chambouler tout cela. L'autonomie de l'autre gauche a brisé la stratégie du PS qui consistait à réaliser l'union avec le Modem après avoir embarqué toute la gauche sous sa bannière. La crise sociale a remis quelques pendules à l'heure. Emploi, services publics, défense de l'industrie, parasitisme bancaire, les questions évacuées du débat public ont réapparu à la surface malgré les paniers garnis de pitreries auxquels on voulait le réduire.
Avant même le vote, le Front de Gauche leur pose déjà problème. Il est des raidissements médiatiques qui ne trompent pas. Les échos consacrent une page entière à un trombinoscope des principaux candidats dans toute la France. Pas un seul du Front de Gauche, à rebours des sondages qui constituent d'ordinaire leur bible. Le supplément du Monde sur l'élection en Ile-de-France nous écarte également de la photo. Cela n'arrêtera en rien la campagne de terrain à laquelle nous devons toute notre dynamique. Mais cela renforce la portée de notre score. Il aura été arraché à la conjuration des puissants. Sa force déflagratrice n'en sera que plus grande.




















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Le Parti socialiste a présenté le texte de son "nouveau modèle économique, social et écologique", qui sera le socle de son projet pour 2012. Ce texte est celui du premier parti politique de la gauche et nul ne saurait faire de la politique sans en tenir compte.



