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Entretien avec Anémone : "continuer le combat écologique à gauche, c’est rejoindre Mélenchon"

Vendredi 20 Janvier 2012
  Paul Degruelle

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Dans un numéro spécial de Politis paru en août, vous vous étiez amusée à jouer le rôle de Présidente de la République. Vous aviez alors choisi de nommer deux Premier Ministres, Cécile Duflot et Jean-Luc Mélenchon. Finalement dans la vraie vie c’est au candidat du Front de Gauche que vous accordez votre soutien?

Oui, parce que je suis une écologiste depuis toujours, une écologiste de gauche ! Aujourd’hui Europe Ecologie se droitise, s’acoquine avec le Parti Socialiste qui n’a rien compris à l’écologie et se rapproche même de François Bayrou. Jean-Luc Mélenchon a intégré la problématique écologique. Pour moi, continuer le combat écologique à gauche, c’est rejoindre Mélenchon.

Vous avez été déçue par l’accord électoral signé par Europe Ecologie avec le PS ?

Oui, ça m’a beaucoup énervé. Sur la question du nucléaire, ils ont retourné leur veste. Pour moi, c’est une trahison de leurs engagements. Nous sommes quand même le seul pays au monde à être autant nucléarisé, au pro rata du nombre d’habitants. C’est déraisonnable. On a eu Fukushima et Tchernobyl, on n’est pas à l’abri d’un accident majeur. Il serait temps de revenir à la raison et de fermer Flamanville, Fessenheim et se brancher sur les énergies alternatives. Je ris quand on dit que le nucléaire, c’est l’indépendance de la France. Pour l’uranium, on dépend du Kazakhstan et du Nigéria ! Le nucléaire pour moi, c’est une aberration.

Europe Ecologie a également reculé dans cet accord sur le départ à la retraite à 60 ans. Quelle est votre position ?

Je suis pour la retraite à 60 ans, à vrai dire je suis même pour la retraite à 50 ans. Mon expérience personnelle c’est que quelque soit le beau métier qu’on fasse, à partir de 50 ans on commence à en avoir marre. Même moi qui ai eu pourtant la chance d’être comédienne, j’en avais marre. On devrait pouvoir partir à la retraite, prendre le temps de réfléchir à ce qu’on veut faire pour profiter de la troisième partie de sa vie. Et ce n’est pas pour ça qu’on cesserait d’être productif.

Comment souhaitez-vous vous investir dans la campagne présidentielle ?

Je peux intervenir sur tous les dossiers de l’écologie, aussi bien sur le nucléaire, l’eau, le réchauffement climatique... Je m’y connais, je peux faire des conférences. J’essaie de donner mes forces là où je peux les donner. Au moment du référendum en 2005, j’avais mis beaucoup d’énergie pour que la position du « non » soit entendue. J’avais appelé mes copains journalistes pour me donner une tribune. C’est ma façon de militer.

Propos recueillis par Paul Degruelle


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