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Grève générale numéro 5

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Le mouvement des travailleurs grecs continue à résister. Pour la cinquième fois depuis le début de l'année, une grève générale a considérablement paralysé mardi la vie économique du pays. Le mouvement proteste contre les réductions des salaires, des retraites et des droits, décrétées à la fois par le gouvernement national d'Athènes, l'Union Européenne et le Fonds Monétaire International. A nouveau, des millions de salariés ont répondu à l'appel lancé par les deux confédérations syndicales GSEE et ADEDY ainsi que par le front syndical à orientation communiste, le PAME. Et une autre grève générale est déjà planifiée pour le jour où le Parlement votera les projets controversés sur les retraites. La date n'est pas encore arrêtée, mais les élus pourraient en décider dès le début de la prochaine semaine.

La participation à la grève a atteint hier entre 80 % dans l'industrie et les services publics, et 95 % dans les entreprises auparavant publiques : télécommunications, transport ferroviaire, électricité et eau. Les administrations et les écoles sont restées fermées, les hôpitaux n'ont traité que les urgences, et seules les liaisons avec l'étranger ont été assurées dans les aéroports. Bien que les armateurs aient cette fois aussi interdit aux marins de faire la grève, et que les entrées du port du Pyrée aient été surveillées par des unités de la police spéciale, les marins ont encore une fois réussi à perturber sensiblement la circulation maritime dans les ports les plus importants du pays. Les journalistes étant en grève eux aussi, il n'y a eu ni journaux radio ni bulletins d'infos télévisés, et les journaux écrits ne sont pas parus aujourd'hui mercredi.

L'opposition au changement du système des retraites est au centre de cette action. Ce changement prévoit qu'il faudra 40 années de travail - au lieu de 35 actuellement- pour prétendre à une retraite à taux plein. En même temps il est prévu de réduire de 15 à 20 % les rémunérations des employés d'état. Avec cette « réforme », les retraites se réduiraient à l'avenir à « une aide pour payer les obsèques », a déclaré Ilias Vrettakos de la confédération syndicale des services publics ADEDY, lors de la manifestation publique à Athènes devant quelques milliers de participants. C'est l'ensemble du système de retraite qui serait détruit.

(...)

Parmi les messages de soutien venus d'autres pays, qui ont été lus lors de la déclaration du PAME, l'une venait des provinces basques d'Espagne. Mardi, le jour même de la grève grecque, environ 80% des salariés y étaient aussi en grève générale. A côté des syndicats basques, les commissions de travailleurs, auparavant communistes, avaient appelé à la grève - dans un appel séparé.

Heike Schrader, Junge Welt, 30 06 10
Traduction Claudine Girod

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