
Cette semaine, qui se terminera dimanche 8 mars par la grande réunion du Zénith (Paris) dont on peut considérer qu'elle va réellement lancer le Front de gauche, a été marquée par deux réunions tripartites importantes. En voici nos comptes rendus.
Rencontre avec PCF/PG et les Alternatifs
Etaient présents
Pour le PCF : Francis Parny
Michel Laurent
Pour le PG : Eric Coquerel
Pascale Le Néouannic
Pour Les Alternatifs : Henri Mermé
Jean-Paul Hébert
Nathalie Marcu
Il s'agissait de la deuxième réunion tripartite entre le PCF/PG et les Alternatifs
Lors de la dernière réunion, les Alternatifs avaient demandé des amendements au « texte d'orientation » qui sert de base de travail aux négociations en cours. Aucun ne posant de problème ils ont presque tous été intégrés. Les Alternatifs ont dit leur satisfaction sur cette question des contenus.
Nous leur avons également confirmé qu'il s'agissait d'un accord national qui implique la présence des logos sur tout matériel électoral et des porte-parole de chacun des membres du Front dans les meetings d'ampleur nationale. Nous avons confirmé qu'un comité de liaison national allait se mettre en place dans lequel ils auraient évidemment leur place.
Enfin sur la question des listes nous leur avons dit accepter leur demande de tête de liste en leur proposant celle du Grand Est ainsi que leur présence dans 5 à 7 des listes (en réalité toute sauf le centre où les Alternatifs ont dit leur indisponibilité).
La délégation des Alternatifs a enregistré positivement cette proposition. Toutefois sa délégation a clairement indiqué qu'elle ne pouvait s'engager sur une réponse. Le week-end prochain (7/8 mars) se tient en effet leur coordination nationale qui est susceptible de donner un avis avant la consultation large de leurs Fédérations qui se conclura le 22 mars.
Première force rencontrée (une rencontre bilatérale PG/Alternatifs avait eu lieu début décembre et s'était déjà terminée par un communiqué commun actant l'utilité d'un Front de Gauche aux Européennes), les Alternatifs avancent clairement dans ces discussions et sont animés par la volonté de réussir une alliance de toutes les forces de la gauche de transformation aux Européennes ainsi que la pérennisation de la stratégie du Front de Gauche dans l'avenir que.
Restent des questions.
La première concerne la Fédération alternative et écologique qui réunit les Alternatifs, l'association des Communistes unitaires, la Coordination des Collectifs antilibéraux, des écologistes de gauche, etc... Nous y reviendrons dans une prochaine circulaire (le PG va en effet rencontrer ce regroupement) mais globalement on sait que d'un côté la Fédération souhaite être partie intégrante du Front et que le PCF, en raison de la forte présence en son sein de militants communistes, ne le veut pas tout en se disant ouvert à la discussion avec toutes les composantes de cette Fédération. Le PG a déjà dit sa position sur ce point : nous n'avons aucune exclusive, nous voulons l'alliance la plus large mais nous disons aussi avec franchise que nous ne mettrons pas l'existence du Front en danger sur cette question liée à la double appartenance. Les Alternatifs ont répété leur position sur cette question : ils affirment certes leur souhait que la Fédération soit présente mais sans en faire une condition et, surtout, en répétant qu'ils négociaient en leur nom.
En réalité le choix apparait pour eux entre le Front de Gauche et une alliance avec le NPA. Ces derniers ont également entamé des discussions avec les Alternatifs. Il ne saurait être cependant question de surenchère mais de dialogues à poursuivre avec les Alternatifs dans les semaines à venir sur le Front de Gauche.
Rencontre avec le NPA
Présents pour le NPA : Frédéric Borras, Anne Leclerc, Pierre Baron, Raoul-Marc Jennar, Sandra Demarq, Myriam ...
Pour le PCF : Francis Parny, Olivier Dartigolles, Lydie Benoit
Pour le PG : Eric Coquerel, François Delapierre et Pascale Le Néouannic
Il s'agissait de la première réunion tripartite. Le débat a surtout porté sur la condition posée par le NPA pour les Européennes : aucun accord possible n'est possible, s'il n'inclue pas les élections régionales et l'exigence d'une totale « indépendance » vis-à-vis du PS.
Très rapidement nous avons convenu qu'il n'y avait pas de désaccords sur l'analyse de la crise du capitalisme, sur la présence des trois partis, le plus souvent signataires de textes communs, dans les mobilisations sociales.
A priori nous avons cru comprendre que se dessinaient de possibles désaccords sur le contenu sur l'Europe - la délégation du NPA a dit en préambule la nécessité de défendre des mesures « vraiment » anticapitalistes - mais sans que jamais une de ces possibles divergences soit explicitée malgré nos demandes réitérées. Nous avons redit que nous observions que depuis la bataille commune sur le référendum de 2005 de nombreux textes communs quasi programmatiques étaient sortis sur l'Europe, travaillés et signés par les partis et mouvements qui se retrouvaient autour de la table (même s'il s'agissait de composantes de ces partis pour ceux qui n'existaient pas alors que ce soit le PG ou le NPA). Nous avons essayé de comprendre si l'un des points de la résolution de congrès du NPA sur les élections européennes - la « sortie du nucléaire » - était conditionnel mais cela n'est pas apparu comme tel même si sur ce sujet Raoul Marc Jennar a fait une intervention plus tranchée.
C'est en réalité toujours la question des Régionales qui est revenue.
Nous avons d'abord répété qu'il était curieux que le NPA conditionne l'accord à une élection à un accord sur l'élection suivante. Qui plus est lorsque ni les dates, ni les modalités n'étaient connues...
Notre délégation du PG a également essayé de comprendre jusqu'où allait « l'indépendance » vis-à-vis du PS. Est-ce que cela pouvait signifier aucun appel au 2ème tour à battre la droite ce qui pourrait du coup permettre à cette dernière de gagner toutes les régions ? Anne Leclerc nous a dit que le NPA n'avait pas encore de position sur ce point. Nous avons répondu qu'il s'agissait pour nous d'un principe fondamental : nous voulions contester l'hégémonie sociale-libérale, les devancer dans les urnes mais en aucun cas nous ne participerions à une victoire de la droite.
S'il s'agissait de la participation aux exécutifs, nous (le PG) avons redit que la question de posera. Mais pas de manière principielle et intemporelle - de type : « jamais rien avec le PS » - qui pourrait signifier que même si le PS devenait minoritaire vis-à-vis du Front de Gauche nous n'accepterions aucune alliance et du coup nous interdirions de construire une majorité sur un programme de transformation. A l'inverse, nous avons répété que nous n'accepterions pas de rentrer dans des majorités sous domination sociale-libérale. Ce qui renvoie donc à la question de se mettre en capacité de les devancer à moyen terme.
Nous, (le PG) avons donc réaffirmé notre vision durable de la stratégie du Front de Gauche mais en remarquant que pour espérer durer, il fallait d'abord débuter le processus et en vérifier ensemble l'efficacité. Nous avons redit notre conviction qu'unies toutes les forces de transformation pouvaient créer la surprise dès ces élections en battant à la fois la droite et en devançant la gauche libérale. Nous avons fait remarquer au NPA qu'à l'issue de ces élections, le meilleur moyen de s'assurer de la durabilité de la stratégie du Front était d'en être !
Même s'il ne souhaite pas s'engager sur la question de la durabilité du Front de Gauche, le PCF a cependant affirmé qu'il s'agissait d'un processus dont il était difficile aujourd'hui de dire la suite avant de l'avoir testé, sa réussite pouvant changer bien des choses dans l'approche des partis qui le composent.
La coordination nationale du NPA qui aura lieu ce week-end devrait voter une résolution sur les Européennes. Il est probable que le NPA devrait maintenir cette condition des régionales.
Nous aurons le temps d'en tirer des conclusions mais nous avons redit que ce préalable n'était pas à la hauteur de la crise, des mobilisations sociales, du succès possible que l'alliance inédite que nous formerions pourrait remporter en juin prochain si nous étions tous ensemble. Il est pour nous évident que cette discussion sur les régionales renvoie toujours à la façon dont nous concevons le débouché politique. Pour le Parti de gauche, un débouché politique doit être validé par le suffrage universel ce qui implique de composer une majorité et donc de ne rater aucune des occasions proposées pour la construire qui plus est quand le rapport de force est potentiellement favorable à la gauche de la transformation. Cela renvoie également à une vision de la gauche : nous pouvons dire clairement notre volonté de devancer les socio-libéraux, notre refus de toute alliance avec eux sur leur programme mais nous ne verserons pas dans le sectarisme. Il n'a jamais été un bon signe pour la gauche surtout dans les périodes de crise.
A noter, sur la question du NPA, que Christian Picquet, chef de file du courant Unir dans la LCR/NPA, a dit qu'il n'accepterait pas que son parti rate l'occasion du Front de Gauche (Tribune du Monde de fin février, interview dans l'Humanité le 4 mars
Dernières informations : nous avons rencontré fin février le MRC (délégations tripartites conduites respectivement par Jean-Pierre Chevènement pour le MRC, Marie-George Buffet pour le PCF et Jean-Luc Mélenchon pour le PG). La discussion est engagée avec ce mouvement sur le texte d'orientation mais il est apparu à ce stade des différences de fond sur la nécessité d'une construction européenne, sur la définition du Front (JP Chevènement a défendu par exemple la nouvelle appellation de « Front de gauche et des républicains » qui pourrait laisser supposer que le Front ne réunirait pas que la gauche !) et autres points de divergences. Toutefois un groupe de travail s'est mis en place et le texte d'orientation amendé par quelques unes des demandes du MRC a été envoyé à ce parti. Sa direction devrait nous répondre le 15 mars au plus tard et nous savons qu'un débat sur la question traverse largement ce mouvement. A suivre...
Prochaines rencontres : tripartite avec le M'Pep et bilatérale entre le PG et le POI la semaine prochaine.
Eric Coquerel
Secrétaire national chargé des relations extérieures.




















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