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Vacarme médiatique
M. Deutsch veut-il être à l’histoire ce que les frères Bogdanov sont à la science ?

Un mot d’abord, si par hasard (qui sait ?) M. Lorant Deutsch venait à me lire. Fondamentalement, ce ne sont ni sa personne, ni l’existence de son livre qui me posent problèmes, son ouvrage n’est qu’un parmi des dizaines d’autres qui s’inscrivent dans cette même veine. Ce qui me pose problème c’est le succès qu’il a rencontré, très révélateur, une nouvelle fois, de cette « histoire Bling-Bling » (Editions Stock, 2009) tant à la mode, dénoncée par l’historien Nicolas Offenstadt. Ce dernier livre est lumineux, je le cite dans la conclusion : « cette histoire bling-bling s’accommode fort mal aussi de la raison, entendue à la fois comme démarche critique et discours positif assis sur le raisonnement. Tout est possible avec le bling-bling : faire survivre Jeanne d’Arc au bûcher comme s’y emploient des publicistes peu exigeants, mélanger Jaurès et Sarkozy (..).Cette réinvention du national, comme souvent, s’accompagne de l’abaissement du discours critique. Le récit national ne souffre pas de contestation, pas de déconstruction, pas de mise en doute. C’est le retour du garde à vous à la mode bling-bling, non seulement dans l’espace public mais aussi dans la sphère intellectuelle ». C’est cela que je veux dénoncer. C’est de cela dont je veux débattre. La façon dont se transmet l’histoire est un enjeu démocratique majeur. Je suis prêt à en discuter tranquillement avec lui, hors de la présence de médias si il le souhaite. Moi aussi, j’aime l’histoire et l’histoire de France.
Mais, le vacarme médiatique qui s’est produit après ma proposition de vœu au Conseil de Paris sur ce livre de Lorant Deutsch révèle aussi une méthode bien rodée de la part de certains, exprimant une volonté de m’écraser en me ridiculisant. Certes, ce barouf va baisser d’un ton dans les jours qui viennent. Tant mieux. Je prends toutefois les paris (c’est le cas de le dire) que nous en reparlerons dans quelques mois. Pour l’heure, j’assume de (re)monter, le temps de ce billet, sur le ring qui s’est mis en place pour défendre une nouvelle fois mon opinion, même si je suis d’apparence minoritaire, du moins au Conseil de Paris. N’ayez crainte, je ne suis pas bouleversé par cette défaite. Pire, elle m’amuse.
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