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Le projet du Parti de Gauche

Manifeste pour l’écosocialisme

27 thèses pour rompre avec le capitalisme et le productivisme, et bâtir une société qui met l’écologie et l’humain avant le profit.

Édité par le Parti de Gauche · 3ᵉ édition réactualisée · juillet 2025

Qu’est-ce que l’écosocialisme ?

L’écosocialisme est une théorie politique globale : un humanisme et un universalisme concrets, qui unissent l’écologie politique et la République sociale. Ce n’est pas une utopie à laquelle le réel devrait se plier, mais la réponse humaine raisonnée à la double impasse où nous enferment des modes de production et de consommation qui épuisent à la fois l’être humain et la planète.

« L’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage. »

Son analyse est systémique : l’écologie est incompatible avec le capitalisme, qui impose le productivisme et la financiarisation de l’économie. L’écosocialisme combat donc les deux moteurs du système — le capitalisme et le productivisme — et réalise la synthèse d’une écologie résolument anticapitaliste et d’un socialisme débarrassé des logiques du productivisme.

Deux moteurs à combattre

  • Le capitalisme
  • Le productivisme

Trois méthodes

  • La radicalité concrète
  • La planification écologique
  • La révolution citoyenne
Le cœur du projet

Les 27 thèses

Le Manifeste pour l’écosocialisme du Parti de Gauche — 3ᵉ édition réactualisée (juillet 2025), structuré en cinq temps : comprendre, critiquer, relever les enjeux contemporains, proposer, agir.

I

Qu’est-ce que l’écosocialisme ?

Thèses 1 à 6
01
Fondements

Une alternative concrète et radicale

L’écosocialisme n’est pas une utopie mais la réponse humaine raisonnée à la double impasse des modes de production et de consommation qui épuisent l’être humain et l’environnement. Il appelle une pensée et une action politique radicale, au sens où elle va à la racine des causes, en combattant les deux moteurs du système actuel : le capitalisme et le productivisme.

Ce que cela implique

  • Partager les richesses sans attendre
  • Fonder une nouvelle économie des besoins et de la sobriété
  • Préserver le climat, l’écosystème et sa biodiversité
  • Désigner les vrais coupables : oligarchie financière mondialisée, gouvernements soumis aux lobbies, idéologues de la concurrence « libre et non faussée », du capitalisme vert et du libre-échange
02
Démocratie

Un paradigme de l’intérêt général

L’être humain est partie intégrante de l’écosystème dans lequel il vit et ne peut en être dissocié ; il existe un intérêt général humain lié à la préservation de l’écosystème qui rend la vie possible. Le paradigme écologiste appelle donc la démocratie, l’égalité sociale, la laïcité et le féminisme, conditions du débat citoyen sans intrusion oligarchique, dogmatique ou patriarcale.

Ce que cela implique

  • Identifier l’intérêt général par la libre délibération collective
  • Instituer l’universalité des droits humains, la citoyenneté comme devoir et la République comme nécessité
  • Garantir démocratie, égalité sociale, laïcité et féminisme
03
Féminisme

Le féminisme, comme point de départ

Les femmes représentent plus de la moitié de l’humanité : le féminisme est un combat d’intérêt général. Le patriarcat impose la domination masculine dans toute l’organisation sociale et se nourrit de structures économiques ; historiquement, le développement du capitalisme a renforcé le patriarcat. Les luttes féministes font partie de la lutte des classes sans s’y réduire : par la sortie du patriarcat, elles prônent une révolution des rapports de production et de la division sexuée du travail. Dans la révolution citoyenne, le féminisme est à la fois un objectif et un point de départ.

Ce que cela implique

  • Garantir aux femmes les mêmes droits qu’aux hommes, à commencer par le droit à disposer de leur corps
  • Combattre le sexisme structurel, les violences sexistes et sexuelles, et l’omerta qui les entoure
  • Réduire le temps de travail et repartager les tâches domestiques et « reproductives » assignées aux femmes
  • S’appuyer sur l’internationalisme des luttes des femmes (Rojava, Inde, Espagne, Argentine…)
04
Vivant

Une relation nouvelle au monde vivant

La pandémie de Covid a montré que « social » et « naturel » sont indissociables : environnement et société se co-produisent. La notion de « tissu du vivant » rompt avec le récit d’une nature figée, séparée de la société, qui fonde l’idéologie de la prédation capitaliste — laquelle fait du monde extra-humain une ressource librement exploitable (surexploitation animale, brevetabilité du vivant, marchandisation de la biodiversité). L’écosocialisme vise un retissage radicalement différent des relations entre humanité et vivant, accordant une valeur non marchande à la biodiversité et faisant place au bien-être animal.

Ce que cela implique

  • Reconnaître à la biodiversité une valeur non marchande, ni aliénable ni échangeable
  • Refuser la brevetabilité du vivant et l’appropriation des savoirs autochtones
  • Prendre en compte la conscience de la cause animale et le bien-être animal
  • Choisir des techniques relevant du « faire-avec » et de la coopération plutôt que de la prédation
05
Gauche

Une nouvelle synthèse politique à gauche

L’écosocialisme est un nouveau projet politique réalisant la synthèse d’une écologie nécessairement anticapitaliste et d’un socialisme débarrassé des logiques du productivisme. Il opère la jonction des grands courants de la gauche dans un nouveau paradigme et prend en compte les besoins humains comme les limites de la planète.

Ce que cela implique

  • Repenser l’utilité sociale de la production
  • Repenser nos manières de consommer et nos besoins réels
  • Repenser la finalité de nos produits et la manière de les produire
06
Socialisme

Le renouveau du socialisme et du collectivisme

Le socialisme a toujours visé l’émancipation de la personne humaine par le partage de la richesse, la démocratisation du pouvoir et l’éducation globale ; mais l’émancipation ne peut être atteinte par la croissance sans fin, car l’écosystème ne le permet pas. Il faut donc définir un nouveau modèle de progrès en rupture avec le capitalisme.

Ce que cela implique

  • Définir un nouveau modèle de progrès en rupture avec le capitalisme
  • Repenser le système de production, le contenu des productions et les modes de consommation
  • Méthodes : la radicalité concrète, la planification écologique et la révolution citoyenne
II

Sortir des impasses idéologiques

Thèses 7 à 9
07
Écologie

Le mensonge du capitalisme vert, les risques de l’environnementalisme

Le manifeste rejette la mystification du « capitalisme vert » qui, sous couvert de développement durable, offre un nouvel espace à la recherche du profit maximal et alimente la dynamique impérialiste et court-termiste. Il refuse aussi l’écologie qui se contente de culpabiliser les individus et une « écologie de salon » coupée des classes populaires, sans critique du système économique.

Ce que cela implique

  • Aborder l’environnement systématiquement en lien avec la critique du système économique et les luttes sociales
  • Y impliquer l’ensemble des citoyen·ne·s
  • Dénoncer l’exploitation des plus précaires et le pillage des pays du Sud
08
Économie

La faillite social-démocrate

Le manifeste réfute la doctrine selon laquelle toute redistribution des richesses passerait d’abord par la relance de la croissance du PIB et la hausse de la consommation matérielle globale. C’est un double contre-sens : la redistribution n’a pas à attendre la croissance, et un modèle d’expansion infinie est « un suicide de la civilisation humaine ». Le PIB ne reflète pas le bien-vivre.

Ce que cela implique

  • Redistribuer les richesses existantes sans attendre, en s’attaquant à l’accumulation déjà acquise et à la prédation du capital
  • Relancer les activités d’intérêt général
  • Garantir à chaque être humain l’accès aux biens fondamentaux
  • Ne croire ni à la reprise de la croissance ni aux effets bénéfiques de l’austérité
09
Culture

La bataille idéologique et culturelle est indispensable

Le projet écosocialiste mène son combat idéologique par l’éducation populaire et veut « décoloniser l’imaginaire ». Il dénonce la programmation d’un individu-consommateur docile et combat les bras armés du productivisme que sont la publicité, le marchandage des corps, le sexisme, la mode et les médias. C’est aussi une bataille de vocabulaire contre la novlangue libérale.

Ce que cela implique

  • Mener le combat idéologique par l’éducation populaire et décoloniser l’imaginaire
  • Combattre la publicité, le sexisme, la marchandisation des corps et l’injonction d’achat permanent
  • Refuser la novlangue libérale : « coût du travail », « charges » sociales, nucléaire « propre et décarboné »
III

Relever les enjeux contemporains

Thèses 10 à 13
10
Communs

L’eau, un bien commun indispensable pour la vie et l’intérêt général

L’eau est source de toute vie sur Terre et son accès reste pourtant inégalitaire. L’eau douce, la seule utilisable, diminue quand la demande augmente, et les zones de risque hydrique s’étendent avec le changement climatique. Alors que nos canalisations fuient et que l’urbanisation imperméabilise les sols, il est impératif d’agir pour arrêter les multinationales et les actionnaires qui veulent faire de l’eau un bien privatisé et lucratif : l’eau est un enjeu politique central.

Ce que cela implique

  • Gérer durablement l’eau par des propriétés publiques (lacs, barrages) et des gestions collectives (usufruit)
  • Confier son pilotage à des échelons démocratiques (État, élu·e·s, travailleur·euse·s, usager·ère·s, communautés locales)
  • Garantir la gratuité des quantités d’eau indispensables à chaque personne ; pénaliser le gaspillage
  • Inscrire la protection de l’eau comme bien commun dans une République écologiste (règle verte)
11
Terre

La terre, socle du vivant, clef de la lutte contre les désordres du monde

Un sol vivant est une condition de l’humanité : l’accès à la terre sous toutes ses formes est un droit fondamental à préserver. Le sol n’est pas un substrat minéral neutre mais un écosystème riche qui stocke le carbone ; le changement d’affectation des sols cause 25 % du carbone excédentaire, et l’aridité progresse d’1 % par an depuis 1960. Le modèle productiviste, l’accaparement des terres par la finance et les intrants de synthèse pillent la fertilité des sols et menacent la sécurité alimentaire.

Ce que cela implique

  • Réserver l’accès au foncier à la petite paysannerie et aux pratiques respectueuses des sols
  • Développer par des politiques publiques l’agriculture paysanne à taille humaine (maraîchage sur sol vivant, agroforesterie, élevage extensif…)
  • Battre en brèche le modèle productiviste au profit d’une agriculture biologique respectueuse des sols
  • Instaurer un rapport symbiotique entre l’humanité et son système productif
12
Numérique

Enjeux numériques, enjeux démocratiques, enjeux écologiques

Avec plus de 34 milliards d’équipements et 4 milliards d’utilisateurs, le numérique modifie profondément nos manières de produire, de consommer et de décider. Capté par des acteurs industriels hégémoniques (GAFAM), il installe un « capitalisme de surveillance » — menace démocratique (Snowden, Cambridge Analytica), environnementale (4 % des gaz à effet de serre, +10 %/an) et sociale (uberisation, illectronisme touchant 14 millions de Français·es). L’écosocialisme pose en alternative des choix démocratiques, émancipateurs et non aliénants.

Ce que cela implique

  • Garantir les libertés et la souveraineté individuelles et collectives face au capitalisme de surveillance
  • Instaurer la maîtrise publique des « communs » numériques et la transparence des algorithmes
  • Repenser le rôle de l’État et des services publics face aux fractures numériques
  • Promouvoir des modèles libres, ouverts, décentralisés et soutenables
13
Finance

Le pouvoir de la finance et l’arme de la dette

Depuis quatre décennies, la financiarisation de l’économie a renforcé le pouvoir de l’actionnariat et son exigence de rendements toujours plus élevés. Depuis 2008, création monétaire, endettement massif et spéculation ont gonflé une immense bulle. La dette publique n’est pas aussi importante qu’on le dit : c’est une arme idéologique pour culpabiliser et réduire les dépenses publiques, alors que les banques privées ont capté des services d’intérêt général (dépôts, épargne, création monétaire).

Ce que cela implique

  • Contrôler les mouvements de capitaux et taxer les transactions financières
  • Définanciariser la gestion des entreprises (taxation des revenus financiers, suppression des stock-options, lutte contre les paradis fiscaux)
  • Effacer les dettes illégitimes ; monétiser la dette ou la transformer en dette perpétuelle
  • Créer un pôle public bancaire par la socialisation des banques, au service de l’intérêt général
IV

Instaurer une nouvelle économie politique au service du progrès humain

Thèses 14 à 18
14
Économie

Mettre l’économie au service des besoins

L’écosocialisme veut mettre l’économie et le système productif au service des besoins humains, en s’opposant à la « politique de l’offre » des libéraux et à la logique productiviste qui produit n’importe quoi pour l’écouler par la publicité. Les décisions collectives doivent être guidées par la satisfaction des besoins réels : c’est le sens de la planification écologique.

Ce que cela implique

  • Mettre le système productif en adéquation avec les besoins réels et le droit de tous à un environnement sain
  • Combattre l’obsolescence programmée et les produits conçus pour tomber en panne
  • Réduire le gâchis des déchets de notre civilisation
15
Travail

Rompre avec les schémas de pensée traditionnels

L’écosocialisme remet en cause la dictature des intérêts particuliers et de la propriété privée des moyens de production, et questionne le rapport au travail. Il prône l’appropriation sociale des moyens de production, l’économie sociale et solidaire, et la réduction drastique du temps de travail : « travailler moins pour travailler tou·te·s et mieux ».

Ce que cela implique

  • Appropriation sociale des moyens de production, autogestion et coopératives
  • Nationalisation comme outil de politique publique (services bancaires et de crédit), souveraineté budgétaire
  • Salaire socialisé, revenu maximum autorisé, dotation inconditionnelle d’autonomie
  • Réduction drastique du temps de travail et plein emploi comme horizon
  • Démondialisation et protectionnisme social et écologique
16
Production

Produire autrement

La révision en profondeur du système de production repose sur les « 4 R » : Relocalisation de l’activité, Réindustrialisation écologique, Reconversion de l’outil industriel et Redistribution du travail. De nombreux besoins non satisfaits existent ; la transition écologique permettrait de conserver, transformer ou créer de nombreux emplois locaux et pérennes, contre l’opposition factice entre emploi et environnement.

Ce que cela implique

  • Les « 4 R » : Relocalisation, Réindustrialisation écologique, Reconversion de l’outil industriel, Redistribution du travail
  • Développer l’agro-écologie et l’agriculture paysanne au service de la souveraineté alimentaire
  • Investir dans les filières vertes : écoconstruction, efficacité énergétique, rénovation thermique, énergies renouvelables
17
Écologie

Instaurer la règle verte

La « règle verte » est l’indicateur central de pilotage de l’économie : ne pas prélever sur la nature plus que ce qu’elle peut reconstituer, ni produire plus de déchets qu’elle ne peut en supporter. Elle remplace la « règle d’or » d’austérité et vise à repousser le « jour du dépassement global » au 31 décembre pour neutraliser notre empreinte écologique.

Ce que cela implique

  • Adopter la règle verte comme indicateur central, en remplacement de la « règle d’or »
  • Repousser le « jour du dépassement global » au 31 décembre
  • Réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre
  • Arrêt du nucléaire, qui produit des déchets radioactifs ingérables et des risques inacceptables
18
Bifurcation

Penser et organiser la bifurcation

La crise environnementale est causée par « l’infini mortifère » du capitalisme : croissance exponentielle, concurrence et maximisation du profit qui transforment l’humain et la nature en marchandises. La bifurcation écosocialiste n’est pas une solution technique mais un changement de société vers une économie politique du travail ; elle nécessite une rupture avec le capitalisme, c’est-à-dire la prise de contrôle collective des moyens de production.

Ce que cela implique

  • « Décarboner » la planète : 100 % d’énergies renouvelables et −25 % de consommation d’énergie d’ici 2050
  • « Démarchandiser » le travail, la nature et la monnaie — les instituer en Communs
  • Mettre en place une planification démocratique, multi-niveaux (locale, régionale, nationale), basée sur les besoins
  • Reconvertir l’industrie et l’agriculture vers la souveraineté et l’autosuffisance alimentaires
V

Construire la révolution écosocialiste

Thèses 19 à 27
19
Luttes

Les luttes doivent converger

La rupture civilisationnelle impose de rassembler le plus grand nombre plutôt que de dresser les un·e·s contre les autres. L’écosocialisme se situe aux côtés des salarié·e·s et des exclu·e·s qui résistent et portent des projets alternatifs ; les adversaires ne sont pas les chercheurs ou les salariés de l’industrie, mais les banques, les multinationales et les actionnaires. Aux côtés des Gilets Jaunes : « fin du monde, fin du mois, même combat ».

Ce que cela implique

  • Rassembler le plus grand nombre plutôt que de diviser
  • Se situer aux côtés des salarié·e·s et des exclu·e·s qui résistent
  • Désigner comme adversaires les banques, les multinationales et les actionnaires
20
Démocratie

La souveraineté populaire, de la Commune à l’État

Rendre le pouvoir au peuple : la participation populaire ne peut se réduire aux seuls rendez-vous électoraux ni aux simulacres de « démocratie participative ». Il s’agit de refondre l’intégralité du système politique par une VIᵉ République et une Constituante, pour construire un espace réellement délibératif où chacun·e peut se forger un avis éclairé et participer aux décisions, en lien permanent avec les élu·e·s. Nous réaffirmons notre attachement à la Commune comme cellule de base.

Ce que cela implique

  • Convoquer une VIᵉ République par une assemblée constituante
  • Instaurer le référendum d’initiative populaire, la révocabilité des élu·e·s, la transparence et l’accès aux assemblées
  • Réaffirmer la Commune et le communalisme ; supprimer les organismes supra-communaux qui confisquent la décision
  • Garantir redistribution, coopération et solidarité entre les territoires contre leur mise en concurrence
21
Luttes

Lutter et résister pour inventer

La révolution écosocialiste combine propositions programmatiques et présence dans les luttes sociales et environnementales, aux côtés de celles et ceux qui résistent. Les citoyen·ne·s s’impliquent dans des expérimentations et alternatives concrètes, et les élu·e·s engagent une démarche cohérente entre leurs discours et leurs actes.

Ce que cela implique

  • Développer des alternatives concrètes : circuits courts, AMAP, villes en transition, monnaies complémentaires, habitat collectif, co-voiturage
  • Mener des actions de désobéissance civique non violente, occupations de ZAD, opérations anti-publicité, réquisitions de logements vides
  • Côté élu·e·s : interdiction de la publicité, retour en régie publique de l’eau, extension de la gratuité des services publics
22
Communs

Vers une société de l’entraide, de l’autogestion et du partage des biens communs

Les biens communs — eau, énergie, air respirable, mobilité, éducation, santé, culture, paix — doivent être partagés sur la base de l’égalité d’accès, aujourd’hui menacée par la marchandisation néo-libérale. Des communautés d’acteurs (coopératives, collectifs autogérés, reprises d’entreprises, régies de quartier) prennent en charge ces biens et prouvent que l’activité économique peut se déployer au service commun plutôt que du profit. La refondation des services publics communs est une priorité.

Ce que cela implique

  • Garantir l’égalité d’accès aux biens communs (eau, énergie, mobilité, éducation, santé, culture)
  • Soutenir coopératives, collectifs autogérés, reprises d’entreprises et régies de quartier
  • Refonder des services publics communs associant usager·ère·s, salarié·e·s et collectivités aux décisions
  • Développer les initiatives solidaires (soutien alimentaire, entraide horizontale) dans un esprit d’émancipation
23
Planification

Mettre en œuvre la planification écologique

La planification écologique impose la prise en compte du temps long et la maîtrise publique, sous contrôle des citoyen·ne·s, travailleur·euse·s et usager·e·s. Le problème n’est pas l’industrie, la recherche ou la technique en soi, mais l’absence de choix et de contrôle citoyen ; une révolution citoyenne est nécessaire pour organiser la bifurcation vers un autre mode de développement.

Ce que cela implique

  • Organiser le Plan écologique sous contrôle des citoyen·ne·s, travailleur·euse·s et usager·e·s
  • Réorienter production, échange et consommation selon leur utilité sociale et écologique
  • Organiser des « conférences de participation populaire » pour redéfinir les critères d’utilité
  • Assurer l’intervention continue des salarié·e·s dans la gestion des entreprises
24
République

Pas d’égalité et de République sociale possibles sans Constituante !

L’émancipation individuelle et collective exige un haut niveau de culture commune par l’école publique, incluant l’éducation à l’environnement. Le projet réaffirme le rôle de l’État, de la collectivité et des services publics, qui doivent être refondés par une assemblée constituante mettant en place les moyens démocratiques de l’implication citoyenne permanente et de la souveraineté populaire.

Ce que cela implique

  • Convoquer une assemblée constituante pour refonder l’État, les collectivités et les services publics
  • Mettre en place un « ménagement » du territoire à rebours de l’étalement urbain
  • Promouvoir un urbanisme rapprochant les fonctions du bien-vivre : santé, éducation, logement, culture, agriculture paysanne
  • Refuser la marchandisation du vivant, les OGM, la financiarisation des biens communs (eau, énergie, savoir)
25
International

Faire sauter le verrou des traités libéraux

À l’échelle mondiale, le manifeste dénonce les accords de l’OMC, de libre-échange et de partenariat économique qui épuisent les ressources et exploitent les peuples du Sud. La politique libérale de l’Union européenne est verrouillée par les traités et les plans d’austérité ; une politique écosocialiste en Europe passe donc par la désobéissance aux directives et la construction d’une autre Europe sous contrôle démocratique des peuples.

Ce que cela implique

  • Dénoncer les accords de l’OMC, de libre-échange et de partenariat économique
  • Pratiquer la désobéissance à l’Europe libérale et à ses directives
  • Construire d’autres rapports de force contre la finance et les institutions anti-démocratiques de l’UE
  • Construire une autre Europe sous le contrôle démocratique des peuples
26
International

Porter un combat internationaliste et universaliste

Il n’y a qu’un seul écosystème compatible avec la vie humaine, et les décisions prises en un endroit ont des répercussions partout ailleurs. L’écosocialisme implique la reconnaissance de la responsabilité des pays du Nord, de l’OMC, du FMI et de la Banque mondiale vis-à-vis des peuples du Sud, et soutient les alternatives émancipatrices à l’étranger ; le projet doit être porté par un forum mondial.

Ce que cela implique

  • Reconnaître la responsabilité des pays du Nord et des institutions internationales (OMC, FMI, Banque mondiale) envers les peuples du Sud
  • Reconnaître la Déclaration universelle des Droits de l’homme et créer un Tribunal international des crimes contre l’environnement
  • Soutenir les révolutions citoyennes et les alternatives émancipatrices à travers le monde
  • Porter le projet par un forum mondial faisant de la révolution citoyenne le but de notre temps
27
Démocratie

Mener la révolution citoyenne pour l’écosocialisme

Compte tenu de l’ampleur de l’objectif, la remise en cause du modèle productiviste capitaliste ne peut résulter d’une simple alternance électorale ni de décisions venues d’en haut : elle implique une refonte radicale des institutions et la souveraineté populaire par une démocratie réelle. C’est ce que le manifeste nomme la révolution citoyenne — révolution car elle change les formes de la propriété, citoyenne car elle donne le pouvoir à chacun·e et se soumet au suffrage universel.

Ce que cela implique

  • Refondre radicalement les institutions : scrutin à la proportionnelle, parité, non-cumul des mandats
  • Conjuguer l’action des majorités parlementaires écosocialistes avec les mouvements d’implication populaire
  • Assurer la souveraineté populaire par une démocratie réelle, dans le pluralisme et le suffrage universel
  • Refuser l’avant-garde autoproclamée, la dictature verte et le repli ethniciste : défendre la voie démocratique

Les mots d’ordre du manifeste

Partager les richesses sans attendre Travailler moins pour travailler tou·te·s et mieux Les 4 R La règle verte contre la règle d’or Décoloniser l’imaginaire Le peuple n’est pas le problème, il est la solution Qu’il fleurisse !

Ce programme, faites-le vivre

L’écosocialisme ne se décrète pas d’en haut : il se construit avec vous. Rejoignez le Parti de Gauche et portons ensemble la révolution citoyenne.