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Espagne : Les « indignés » de retour dans les rues un an après

 

Un an que le mouvement « prends la place » est né en Espagne. En cette date anniversaire, les "indignés" (comme les appellent les médias) ont repris les rues et les places et ce durant trois jours  du 12 mai eu 15 mai : « 12M-15M ». D’énormes rassemblements, des manifestations, de campements ont eu lieu dans plus de 80 villes d’Espagne.

Retour sur le mouvement du 15M.

Il y a un an, l’installation d’une « Acampada » - campement- à la Puerta del Sol voyait le jour à Madrid et les images de Madrid faisait le tour du monde. Spontanément, ailleurs en Espagne et dans le monde entier (dans plus de 34 pays), ce mouvement à trouvé un écho. En Espagne, la plupart des villes avaient leur « acampada » et leurs « indignados » qui faisaient le même choix d’occuper les rues et les places pour y tenir leurs Assemblées générales. Les mots d’ordres : «Pour une réelle démocratie maintenant ! » « Prends la place ! » « Occupe les rues ! ».

Durant près d’un mois à Madrid et ailleurs, les citoyens s’organisaient en commission à la fois thématiques et logistiques. Un énorme travail de réflexion et d’organisation est alors en marche. La commission extension internationale a alors créé des liens dans le monde entier via la plate-forme « Take the square » et « Acampada Madrid ». Depuis, des mouvements sont nés au Etats-Unis, en France, en Grèce... se revendiquant du mouvement initié par les espagnols avec plus ou moins de succès en rapport avec le contexte local.

Après la levée du campement madrilène, leur travail ne s’est pas arrêté, le mouvement s’est déplacé dans les quartiers. De nombreuses plates-formes sont nées : éducation, logement, santé... réunissant toutes les générations, engagés ou non dans des syndicats, des partis politiques, des associations. C’est ce qui fait la particularité de ce mouvement, souvent caricaturé comme « sectaire » car refusant toute étiquette partisane, or si dans ce mouvement il y a bien des citoyens très « anti-partis » beaucoup y ont leur place avec en parallèle une activité organisée, simplement dans les rassemblements ils n’affichent pas leur étiquette syndicales ou politique.

Depuis l’année dernière, les plans d’austérité et les contre-réformes se sont multipliées, nombreuses grèves dans l’éducation, la santé, pour le logement, une grève générale le 29 mars contre les coupes budgétaires et la contre-réforme du travail réunissant des millions d’espagnols auxquels participaient aussi le mouvement du 15M.

Retour sur la mobilisation de ce week-end

Lors de la manifestation de samedi à Barcelone ce sont plus de 100 000 personnes qui ont manifesté dans les rues pour finir là où tout avait commencé « Plaça Catalunya ». Le cortège très dynamique où fleurissaient une multitude de pancartes et de drapeaux républicains et grecs a réuni toutes les générations ; les syndicats CCOO et UGT comme des partis politiques EU i alternativa y avaient aussi appelé, mais bien sûr sans banderoles, se mélangeant les uns aux autres dans un vaste cortège populaire et festif. Toutes les mobilisations de ces derniers mois se trouvaient réunies : contre la réforme du travail, contre les coupes budgétaires, pour une école publique de qualité, contre les coupes dans la santé, contre la Troïka et notamment la BCE et le sauvetage des banques par des fonds publics...

Sur la place, ont eu lieu trois jours de débats, d’assemblées générales.. Des stands ont été montés : audit de la dette, assemblée de quartiers, logement « pour un logement digne et contre les expulsions », éducation « pour une école publique de qualité », droit du travail. « contre la réforme »... A chaque stand on pouvait y trouver des livres, signer des pétitions, faire des propositions.... avec ce même esprit de résistance, de construction d’alternatives aux politiques « austéritaires » européennes et d’éducation populaire. Trois jours pour débattre, confronter les idées, s’organiser pour lutter contre la politique du gouvernement Rajoy qui n’a à la bouche que coupes budgétaires et casse des droits des travailleurs.

A Madrid ce sont aussi près de 100 000 espagnols qui sont descendus dans les rues et se sont retrouvés à la Puerta del Sol pour y tenir leur Assemblée Générale dans le même esprit que celui de Barcelone. Mais la police n’a pas permis aux indignés de mettre en place leur campement, l’autorisation de manifester ne courant que jusqu’à 22h00 contrairement à Barcelone où les indignés avaient une autorisation pour les trois jours. Le soir même la police est intervenue pour disperser le millier de manifestants encore présent. La soirée du samedi s’est soldée par 18 arrestations, dès le lendemain un millier de personnes se réunissait pour demander leur libération, des manifestations de soutien ont eu lieu dans d’autres villes espagnoles notamment à Barcelone.

La répression policière s’est aussi durcie en Espagne, cherchant à criminaliser ce mouvement pacifique comme cela a été le cas en France (sans répression policière à Paris en mai dernier plusieurs campements auraient vu le jour). La peur du gouvernement espagnol : devoir faire face à nouveau à une occupation comme celle du campement de le Puerta del Sol.

La suite...
Le mouvement des « indignés » n’est pas mort. Depuis l’année dernière, il a remis sur le devant de la scène un peuple qui cherche à s’organiser et à récupérer sa souveraineté bafouée sans cacher ses difficultés à s’organiser, il a permis de mettre en avant des problématiques mondiales par la remise en question du capitalisme « Ce n’est pas une crise c’est le système » « Nous sommes les 99 % » « Nous ne paierons pas votre dette », il dénonce l’austérité, ces mots d’ordres ont fait le tour du monde et c’est déjà beaucoup en ayant tissé des liens de part le monde. En parallèle se poursuit le travail dans les quartiers, les réunions thématiques, l’organisation des luttes comme c’est le cas depuis un an. Aujourd’hui encore ont lieu des assemblées générales, des actions devant les banques...

Prochaine mobilisation en Espagne : le 22 mai manifestation nationale pour l’éducation publique de qualité dans laquelle, c’est sûr, on retrouvera des citoyens venus fêter l’anniversaire du 15M. Quant au mouvement du 15M, il continue sont travail dans les luttes et les quartiers jusqu’au prochain rendez-vous.

Le journal Publico qui a dû cesser sa publication papier à cause de difficultés financières a publié un numéro spécial en cet anniversaire. Sur leur site web, ils continuent d’informer.
http://www.publico.es/especiales/aniversario15m

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  1. Projet de loi sur la destitution du président de la République


    Une imposture démocratique de plus !