La protection sociale ne doit pas être la variable d’ajustement des politiques ordolibérales du gouvernement

2013 est l’année d’une attaque tous azimuts contre la protection sociale solidaire orchestrée par le Medef et le gouvernement solférinien.

Le bal a commencé dans le domaine de la santé par la proposition de légalisation des dépassements d’honoraires de 150% avec prise en charge des cotisations sociales des médecins du secteur 2 qui entrerait dans la convention. Les nouvelles fermetures des hôpitaux et de maternités de proximité, la proposition de fermetures d’hôpitaux pour cause immobilière, la baisse plus forte dans le public que dans le privé lucratif des tarifications du sanitaire et du médico-social ont rapidement suivi. Et pour couronner le tout, le maintien des déserts médicaux dans les zones rurales et périurbaines mais également pour certaines spécialités en zone urbaine.

La politique d’austérité frappe désormais la branche Famille de la Sécurité sociale où les mauvais coups sont pour tout de suite et les petites améliorations sont renvoyés à l’horizon 2018 (avec un démarrage plus que timide en 2014). Le projet de Convention d’objectif et de gestion concernant les créations de crèches collectives est identique à celui de Nicolas Sarkozy. La proposition de 75.000 places de maternelle pour les 2 à 3 ans est dérisoire au regard des 104.000 places perdues depuis 2002.

Le blocage du CLCA et la suppression de la défiscalisation pour les familles ayant un enfant dans le secondaire participent également de la destruction de notre modèle de protection sociale.

Arrivent enfin les retraites avec une première étape : la désindexation des retraites complémentaires sur l’inflation commanditées par le MEDEF. Satisfait de cette première réforme, le gouvernement envisage aujourd’hui de l’étendre au régime obligatoire. Le gouvernement s’apprête à proposer l’augmentation pour le plus grand nombre de la durée de cotisation alors que la majorité des seniors de 55 ans sont déjà au chômage! L’ordolibéralisme européen préfèrerait-il un chômeur à un retraité? Tout est à craindre aussi pour les prochaines contre-réformes sur l’assurance-chômage et sur la perte d’autonomie comme sur l’ensemble du secteur médico-social.

Le Parti de gauche n’accepte pas que la protection sociale solidaire soit la variable d’ajustement de la politique d’austérité du gouvernement solférinien. Il propose de rompre avec cette logique anti-populaire en changeant de logique. Cette logique passe par la sanctuarisation dégagée des lois du marché de l’ensemble de la protection sociale solidaire en reprenant l’esprit du programme du conseil national de la résistance. Le financement de cette politique sera permis par une reformation du partage de la valeur ajoutée pour reprendre tout ou partie des 9,3 points de PIB (correspondant à plus de 180 milliards d’euros par an) que les salaires et les prestations sociales ont perdu depuis trente ans.