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Le néolibéralisme de Macron met en danger notre République

Danielle Simonnet, coordinatrice du Parti de Gauche revient dans Médiapart sur la récente intervention d’Emmanuel Macron à la télévision.

Macron assume tout, ses paroles et ses actes. Il est bien le Président des riches et des lobbys dont la politique néolibérale vise à remettre en cause un à un les fondamentaux de la République.

Lors de son allocution télévisée, Macron a tout assumé, ses paroles et ses actes. Il est bien le Président des riches, qui mène une politique néolibérale aussi violente que celle de Thatcher. C’est un Sarkozy plus jeune et dans un style plus calme mais bien plus radical. En gagnant l’élection présidentielle face à Marine Le Pen (et grâce à ce face à face voulu) il a pu s’introniser tel le sauveur de la République face aux fascistes. Son opposition, la France Insoumise, est attaquée de tous les termes possibles pour la faire passer comme anti républicaine. Mais dans les faits, la politique du Président Macron vise à remettre en cause un à un les fondamentaux de la République. Le néolibéralisme est dangereux pour notre République et ne peut que s’accompagner d’une dérive autoritaire.

Sa réforme du code du travail remet en cause la hiérarchie des normes et le principe de faveur. Tout est fait pour remettre en cause les droits des salarié-e-s et les contre pouvoirs syndicaux, dans un renforcement du pouvoir patronal. La loi ne s’applique plus à toutes et tous, et le dumping social encouragé renforce les intérêts particuliers. Face à l’augmentation du recours à l’intérim, il impose l’horizon de la généralisation de la précarité dans les contrats de travail. La défense de l’intérêt général et l’égalité de toutes et tous devant la loi est pourtant le premier principe socle de notre République ! Ceux qui luttent pour défendre leurs emplois et leurs droits, comme les travailleurs de GM&S sont dénigrés, liés à des violents et bloqueraient leur entreprise. Mais de quels violents parle le Président, les élu-e-s de la République gazés avec les travailleurs quand ils voulaient lui parler ? Le Président devrait rassembler le peuple, constitué de citoyen-ne-s égaux en droits, dans la défense de leurs droits, il ne cherche qu’à le diviser, en dénigrant ceux qui luttent.

A cette précarisation généralisée s’ajoute la défense des privilèges des rentiers. La suppression de l’ISF et la flat tax, instaurant un taux fixe sur les revenus du capital est une remise en cause du principe de progressivité de l’impôt. Les 10% les plus riches captent de fait plus de la moitié des baisses d’impôts. Cette injustice sociale est assumée et revendiquée : vouloir la redistribution des richesses est relégué au rang d’une jalousie des riches, et ces derniers sont glorifiés au rang des premiers de cordée, considérés comme les plus talentueux ! Les 3520 ménages les plus riches qui planquent plus de 140 milliards d’euros dans les paradis fiscaux sont donc remerciés. Faut-il rappeler à Macron cette phrase de Victor Hugo “C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches” ? Napoléon avait supprimé la progressivité de l’impôt sur le revenu instituée par Robespierre. Macron assume lui aussi son camp, celui des riches, de la défense des privilèges de la caste et non des droits du peuple.

Macron a insisté sur l’importance de la formation professionnelle, qui pourrait le contredire ? Sauf que de suite, son discours vise à culpabiliser les chômeurs, qu’il faudrait traquer afin de lutter contre les “multi-récidivistes du refus”. Seulement 120 000 emplois ne sont pas pourvus par an mais les chômeurs seraient responsables de leur situation et devraient prouver qu’ils recherchent bien un emploi ! Selon Macron il faudrait donc renforcer le flicage des chômeurs pourtant à son comble dans les Pôles emploi pressurisés par les sous effectifs ! La recherche des radiations va continuer à primer sur l’accompagnement réel aux droits et à l’emploi. Mais surtout, Macron envisage de briser la logique même de la mutualisation solidaire des risques et la responsabilisation des salariés dans sa gestion en cassant tout d’abord le paritarisme de l’assurance chômage et de la formation professionnelle. C’est la déresponsabilisation collective, la casse de toute solidarité autogérée au profit de l’individualisme et de la guerre de tous contre tous. C’est à toute la démocratie sociale héritée du programme du Conseil national de la résistance que le président des riches s’attaque, comme le souhaitait Kessler, ex patron du MEDEF…

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