Un président qui préfère les cultes à la République

La présence ce soir d’Emmanuel Macron à une conférence épiscopale, ès qualité de Président de la République française, marque une nouvelle entorse à la laïcité.

En se rendant à cette conférence, il porte atteinte au principe de neutralité de l’État qui doit s’appliquer à tous les fonctionnaires et personnes investies d’autorité, au premier rang desquels le Président.

La Constitution affirme que la République est indivisible, démocratique, laïque, et sociale. Or la politique macronniste porte atteinte à tous ces aspects. L’indivisibilité et le social sont mis à mal, dans la conformité aux attentes de Bruxelles, en autorisant de plus en plus des exceptions, en proposant un « pacte girondin » selon l’expression d’Édouard Philippe permettant une variation des droits des travailleurs sur le territoire. La démocratie est bafouée, ici par le recours aux ordonnances, là par la restriction du droit de l’opposition à amender les textes.

Quant à la laïcité elle est réduite par une majorité qui confond liberté de conscience et dialogue avec les cultes. Les représentants des religions peuvent se féliciter d’avoir obtenu des privilèges nouveaux : l’école privée se voit accorder de nouvelles subventions, et, le 13 mars, le Sénat vient d’étendre les capacités de financement des cultes, mettant en cause la loi de 1905.

Le parti de gauche rappelle que la laïcité est la seule garantie de la paix, de la liberté de conscience, de l’égalité des droits. Elle permet l’émancipation de toutes et tous, et sa remise en cause ne peut que signifier un retour de l’ordre ancien, assignant chacun et chacune à une place déterminée, ignorant l’immense majorité de celles et ceux qui ne se revendiquent ni d’une religion, ni d’une communauté.

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