Quand l’extractivisme détruit une ville

Un grave accident vient d’avoir lieu au Québec à Lac-Mégantic (à 250 km de Montréal), important noeud ferroviaire entre le Québec et les USA : un train citerne rempli de pétrole a déraillé. Les explosions et incendies provoqués par cet accident ont ravagé le centre – ville et détruit des dizaines de bâtiments. 80 personnes sont portées disparues et plus de 2000 personnes ont été évacuées. 100 000 litres de pétrole ont déjà été déversées dans la rivière voisine et pourraient atteindre le Fleuve Saint-Laurent.

L’accident de Lac-Mégantic met en lumière les conséquences de l’exploitation des pétroles de schiste du Dakota du Nord et sables bitumineux de l’Alberta. Ce train acheminait effectivement du pétrole de schiste du Dakota du Nord vers la ville de Saint John (Nouveau Brunswick) pour y être raffiné.

Le transport par train de ces hydrocarbures a fortement augmenté depuis plusieurs années : en Amérique du Nord, il y a 20 fois plus de pétrole brut sur les voies ferrées aujourd’hui qu’il y a à peine cinq ans, selon l’Association des chemins de fer des États-Unis. Au Canada, le volume a quadruplé depuis 2011, selon Statistique Canada.

Ce boum du transport ferroviaire de pétrole s’explique par l’augmentation de la production de ces hydrocarbures dits « non conventionnels » et par les retards pris dans la construction de pipelines. De ce fait, les compagnies ont fortement investi dans le transport ferroviaire. Par exemple Cenovus, une compagnie exploitant les sables bitumineux, a annoncé l’achat de 800 wagons-citernes qui lui permettront de transporter 30 000 barils par jour.

Le Parti de Gauche s’associe à la douleur du peuple québécois devant un évènement si dramatique. Si nos pensées vont aux victimes et à leurs proches, le Parti de Gauche tient à souligner la dimension écologique sous–jacente à ce grave accident. Il constitue une nouvelle illustration des limites du modèle de développement extractiviste du Canada et des USA.