Pourquoi la gauche n’ose plus parler de l’armée » : nouvel épisode de Trait d’Union avec l’historien Maxime Launay

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Alors que l’Assemblée nationale examine cette semaine l’actualisation de la loi de programmation militaire, 36 milliards d’euros supplémentaires pour les armées, la gauche peine à porter un discours alternatif structuré. Pour comprendre comment on en est arrivés là, Trait d’Union a reçu Maxime Launay, historien et chercheur à l’IRSEM (Institut de recherche stratégique de l’École militaire), qui vient de consacrer neuf ans de travail aux relations entre la gauche française et l’armée depuis mai 1968.

Tournage exceptionnel au Musée de l’Armée, à l’Hôtel des Invalides. Pendant 40 minutes, Maxime Launay déroule une histoire largement méconnue : celle d’une famille politique qui s’est progressivement détournée du débat militaire, jusqu’à le laisser entièrement aux forces traditionnellement liées à l’institution.

L’épisode revient sur des moments fondateurs trop oubliés. Mai 1968 : les archives militaires révèlent que des troupes parachutistes étaient pré-positionnées en région parisienne, prêtes à intervenir si le pouvoir gaulliste vacillait, un fait qui structurera durablement la méfiance de la gauche envers l’armée. Les années 1970 : dans les casernes, des comités de soldats clandestins se forment, distribuent des tracts, chantent l’Internationale. Une crise antimilitariste profonde, durement réprimée par la Cour de sûreté de l’État. 1981 : François Mitterrand, qui avait combattu la dissuasion nucléaire pendant vingt ans, s’y rallie sans grand débat interne. La gauche de gouvernement se convertit alors au modèle militaire hérité du général de Gaulle.

Ce ralliement progressif a forgé ce que les responsables politiques eux-mêmes appellent depuis le « consensus sur la défense nationale ». Maxime Launay en mesure le coût démocratique : « On a apaisé les choses, mais on a épuisé le débat. » Or les enjeux n’ont jamais été aussi vifs : trajectoire budgétaire qui double depuis 2017, retour annoncé d’un service national, divisions persistantes sur l’OTAN et les ventes d’armes, déclarations alarmantes du chef d’état-major sur un possible « choc avec la Russie dans quatre ans ».

Pour la gauche d’aujourd’hui, ces questions ne peuvent plus rester dans l’angle mort. C’est tout l’enjeu de cet entretien : retrouver les fils d’une réflexion politique sur l’armée.

🎙️ Trait d’Union — Maxime Launay : « Pourquoi la gauche n’ose plus parler de l’armée »
40 minutes pour comprendre 60 ans d’histoire politique française.

[L’épisode est disponible ici]

📚 La gauche et l’armée, de mai 68 à nos jours, paru chez les éditions nouveau monde.

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