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Face au ministère des apparences écologiques…Toutes et tous dans la rue pour le climat

La démission de Nicolas Hulot et les explications qu’il en donne sont sans appel : le libéralisme est incompatible avec la prise en compte de l’urgence écologique. « On s’évertue à entretenir un modèle économique responsable de tous ces désordres climatiques. » Son réquisitoire est bien global : contre la logique macronienne au service des lobbys pour qui toutes les portes des ministères sont ouvertes ; contre l’impasse de l’austérité imposée par l’union européenne qui interdit tout investissement à la hauteur de la transition énergétique ; contre « le modèle économique marchand qui est la cause de tous ces désordres » . Aucune politique des petits pas écologiques n’est possible dans un tel système, dont la course effrénée pour le profit maximum d’une poignée est la matrice responsable du désastre.

Le gouvernement Macron va sans surprise poursuivre son orientation « capitalisme vert », dont le problème n’est pas la couleur. Il n’y a donc rien à attendre de la nomination de De Rugy. Celui qui regrettait tant de ne pas avoir été nommé dans les gouvernements Hollande voit sa constance opportuniste enfin remerciée par le monarque. Qui peut oublier sa prouesse manœuvrière sur le vote relatif au glyphosate à l’Assemblée Nationale, décalé à 2h du matin pour que le soutien aux lobbys se fasse bien en catimini loin des regards des citoyens ? Répétons-le sans relâche puisque la Macronie ne cesse de mentir à ce sujet : la France n’a pris aucun engagement pour interdir le poison de Monsanto, mais a prolongé de trois ans son autorisation en reportant à cette date toute nouvelle décision !

Le nouveau ministre à peine nommé annonce déjà que le projet anti-écologique de la « Montagne d’or » en Guyane sera poursuivi. Celui qui défendait quand il était candidat à la primaire socialiste l’objectif 100% d’énergies renouvelables et « la disparition, à horizon 2040, de toute production d’électricité nucléaire » ne remettra pas en cause le renoncement à réduire la part du nucléaire à 50% à l’horizon 2025. Le rapport commandé aux pro-nucléaire prônant la construction de six réacteurs nucléaires de troisième génération, annonce le pire pour le débat prévu en octobre de la Programmation pluriannuelle de l’énergie. La loi Elan, comme les annonces du premier ministre sur les futures orientations budgétaires, confirme également que rien ne sera fait pour répondre à l’urgence d’investissement en faveur de la sobriété énergétique, de la rénovation du bâti. Et que dire des privatisations, comme celles des barrages… Pas besoin d’un plus long catalogue pour comprendre que dans ces orientations libérales et le fonctionnement oligarchique macroniste, il ne peut y avoir au mieux qu’un ministère des apparences écologiques.

Répondre à l’urgence climatique c’est pourtant possible, nécessaire et urgent ! Il faut faire primer l’intérêt général humain sur les intérêts particuliers et repenser de fond en comble pour ce faire notre mode de développement. C’est une bataille globale, culturelle et politique. Le discours de Jean-Luc Mélenchon lors des AmFIs de la France Insoumise de Marseille fin août a été fortement apprécié, précisément pour le sérieux de la prise en compte des questions écologiques et leur articulation avec les batailles sociales et citoyennes. Plus que jamais pour le Parti de Gauche, nos 18 thèses écosocialistes sont à populariser. La prise de conscience citoyenne est en train de se construire. Notre responsabilité pour y contribuer le plus activement possible est immense. Dès ce samedi 8 septembre, soyons nombreuses et nombreux aux rendez-vous citoyens « Dans la rue pour le climat » !

Danielle Simonnet
Co-coordinatrice politique

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