Tout s’est finalement passé comme espéré. La marche du 18 mars se voulait le démarrage d’une campagne éclair. Un nouveau départ après des semaines polluées par les affaires Fillon et Le Pen. Elle l’a été. Le souffle des 130 000 insoumi-se-s rassemblé-e-s Place de la République, de la 6ème République devrait-on dire tant le discours de Jean-Mélenchon lui a donné corps, a servi d’énergie propulsive. La qualité d’orateur, de débatteur de Jean-Luc Mélenchon et de son programme a fait le reste lors du débat télévisuel organisé par TF1 le 20 mars. Combien étaient-ils parmi les dix millions de français présents devant leur poste de TV à découvrir ainsi l’Avenir en commun ? Sans doute beaucoup pour qui ce débat constituait aussi une véritable entrée dans la campagne. Une semaine après, tout indique que la campagne de France Insoumise a pris une nouvelle dimension. Il y a les sondages bien sûr. Ils s’accordent tous sur la progression de Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier peut désormais rapidement dépasser un François Fillon empêtré plus que jamais dans des regrets qui sont autant d’aveux et des thèses complotistes qui ne peuvent dissimuler ses méfaits. Mais les sondages n’indiquerait rien, du moins pas plus que d’habitude, si leur tendance ne se traduisait pas sur le terrain. En une semaine, la plateforme JLM 2017 a recueilli plus de 30 000 nouvelles signatures. Partout on signale de nouveaux volontaires pour distribuer des tracts, coller des affiches, faire du porte-à-porte. Déjà bien remplis auparavant, les meetings des orateurs nationaux débordent. Les prochains de notre candidat, à Rennes, Le Havre et Lille, seront immanquablement de très grands succès populaires.

Il reste donc quatre semaines pour prolonger cet élan et le concrétiser au 2ème tour. On sent bien que tout reste en effet possible dans cette campagne pas comme les autres. Au cours de ces 4 semaines notre principal atout sera plus que jamais le programme de France Insoumise. Il se distingue en effet de tous les autres.

La semaine vient encore de l’illustrer sur deux thèmes majeurs.

Commençons pas le bilan 2016 des entreprises du CAC 40. Alors que la richesse nationale n’aura progressé que de 1 % les profits des actionnaires ont bondi de plus de 21 %. Comment mieux dire la différence entre l’économie réelle et la sphère financière ? Comment mieux montrer la manière dont le capitalisme financiarisé se gave en parasite inutile sur la richesse produite par tous ? Car si la France a le record d’Europe des dividendes, l’investissement lui reste en berne. Or seul l’avenir en commun propose d’aller récupérer cette manne financière et de la redistribuer à ceux qui la produisent. Seul Jean-Luc Mélenchon propose d’augmenter les salaires, à commencer par le SMIC, sans puiser dans l’autre poche des travailleurs que sont les cotisations sociales (soit la méthode proposée tant par Le Pen, Fillon que Macron) ou s’en remettre à toute la collectivité sous forme de revenu d’existence complémentaire pour les bas salaires comme l’imagine Benoit Hamon. Seul Jean-Luc Mélenchon propose de plafonner de 1 à 20 la différence des salaires dans une même entreprise et de mettre en place une fiscalité qui taxe réellement les revenus du capital. Jean-Luc Mélenchon est bien le seul à remettre concrètement en question la répartition des richesses et à redonner au prix du travail sa juste place.

 Le 60ème anniversaire du traité de Rome ce week-end, est aussi l’occasion de rappeler qu’à propos de l’Europe, Jean-Luc Mélenchon diffère là encore des quatre autres candidats majeurs. Tous en effet admettent à l’avance une domination de l’ordo-libéralisme allemand. Mme Le Pen par une attitude défaitiste. Son Frexit laisserait en effet toute liberté à Mme Merkel d’isoler la France et, pour le coup, de faire des autres pays membres l’arrière cour d’une Europe définitivement allemande. Les autres proposent soit le statu quo (Mr Fillon) soit une plus grande intégration politique d’une UE à plusieurs vitesses. Emmanuel Macron et Benoît Hamon ont en effet en commun une Europe de la défense mais aussi un parlement de la zone euro sans même le conditionner par une modification préalable des traités. Voilà qui donnerait un vernis démocratique à l’Europe de la finance ! Emmanuel Macron l’a même anticipé en allant rassurer Mme Merkel, la CDU et le SPD sur ses intentions. Oui il appliquera les réformes structurelles et les mesures d’austérité exigées par Berlin plus vite et plus profondément encore. Il agit ainsi en fidèle successeur de Nicolas Sarkozy et François Hollande. En pire. Au moins tout le monde est prévenu. Là encore en articulant désobéissance, sortie des traités, négociation et recours à la souveraineté populaire en dernière instance sous forme de référendum, la méthode du plan A / plan B est à la fois la seule qui garantit des chances sérieuses de transformer l’UE et de ne pas être isolé en cas d’échec. Ce qui s’est passé lors des élections aux Pays-Bas montre que c’est possible. Le profond recul de la coalition austéritaire sortante (droite et socio-démocrates du parti des travailliste réduit à la marginalité), l’échec de l’extrême-droite xénophobe et la poussée des forces anti austérité (Gauche Verte et Parti socialiste) indiquent que nous aurions des alliés au delà même des pays Méditerranéens dans ce rapport de force géopolitique.

Oui plus que jamais, à un mois du 1er tour, cette année 2017 se révèle celle de tous les possibles. 

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