Il serait en effet naïf de croire que de telles fortunes peuvent être amassées indépendamment des politiques gouvernementales. Il a fallu supprimer les limites à l'enrichissement : libérer la finance, bouleverser les politiques fiscales, assurer par des marchés publics ou des privatisations des niches de profit faramineux. Liliane Bettencourt aurait pu vivre confortablement sans corrompre quiconque ni violer aucune loi. Mais elle n'aurait jamais pu devenir aussi riche sans conseillers en évasion fiscale, informations privilégiés sur des décisions de justice, liens privilégiés avec le pouvoir. Et si les grandes firmes états-uniennes financent abondamment les partis démocrates et républicains, c'est bien qu'elles bénéficient d'un confortable retour sur investissement.
De plus, il serait naïf d'oublier que de telles inégalités de fortune minent sans coup férir la démocratie. L'argent donne du pouvoir, l'argent sans limite donne un pouvoir sans limite. Dès lors que des gens peuvent s'acheter tout ce qu'ils souhaitent, ils finissent par acheter l'Etat lui-même. Ce n'est pas vrai seulement en France. Partout d'anciens chefs d'Etat et de gouvernement après avoir brisé nos retraites, mènent la leur dans les affaires, à l'image de Blair, administrateur de LVMH, et Schröder, aujourd'hui responsable d'un groupe pétrolier. Pour rétablir le pouvoir du peuple, il faut empêcher les richesses abusives.
























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