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Petits étranglements entre amis

Autre petit pays dans la ligne de mire, la Belgique. La Commission Européenne, en application du mécanisme européen qui lui donne un pouvoir d’appréciation sur les budgets nationaux, a rejeté en janvier dernier la copie préparée par le gouvernement belge. Elle multiplie les pressions pour que celui-ci en finisse avec l’indexation des salaires sur les prix qui a cours dans ce pays. Le commissaire européen Oli Rehn s’est même cru autorisé à inventer une norme salariale européenne. Non pour harmoniser vers le haut, ce qui serait du reste interdit par le traité de Lisbonne. Mais pour aligner vers le bas en généralisant le dumping salarial initié par les Allemands. Oli Rehn estime en effet qu’au-dessus de 9% de hausses des salaires ces trois dernières années, il en résulte une perte de compétitivité intolérable auquel l’Etat est prié de remédier au plus vite ! Cette prétention incroyable revient à arbitrer à la place des peuples les choix qu’ils font entre le niveau des salaires et la compétitivité sur les marchés mondiaux.
En Irlande, c’est davantage le sourire. Le FMI et l’UE acceptent désormais que le pays consacre une "partie substantielle" du produit des privatisations à la création d’emplois, plutôt qu’au désendettement. On apprend donc que jusqu’à présent les Irlandais n’étaient pas libres d’utiliser souverainement le fruit de la vente de leurs biens publics. Ca doit leur faire drôle de le savoir. Cette libéralité soudaine est-elle liée au fait qu’en Irlande le nouveau traité européen sera peut-être soumis à referendum en raison d’une Constitution qui en fait l’obligation ? En Grèce, le ministre du développement vient de faire sensation en avouant qu’il n’avait pas lu le memorandum imposé par la troïka en échange de l’aide européenne, c’est-à-dire la liste des réformes à mener en contrepartie. Il faut croire que les conditions d’une discussion équilibrée n’étaient pas réunies. Pendant ce temps le Portugal se rapproche du défaut. Sa dette publique représente 101,7 % du PIB, quand Athènes cherche à ramener la sienne à 120 % du PIB d’ici à 2020, après restructuration. Et le déficit public du Portugal devrait atteindre seulement 4,5 % du PIB fin 2011. Qu’importe, les marchés spéculent et les taux d’intérêt imposés au gouvernement grec s’envolent vers les 20%. Il suffirait que la BCE prête directement au Portugal pour tout régler. Mais il ne manquerait plus que tous ces peuples s’émancipent de la tutelle austéritaire !
François Delapierre





