AFGHANISTAN : l’échec de l’Occident et de l’OTAN

La prise de Kaboul par les talibans sonne le glas de 20 ans de guerre « otanienne » et américaine et démontre de façon dramatique l’échec de la politique d’intervention occidentale sous la conduite mal éclairée des Etats-Unis.

Le gouvernement français n’a évidemment rien anticipé pour l’évacuation de nos ressortissants et des Afghanes et Afghans qui ont travaillé avec nous. Un gouvernement qui fait désormais de belles promesses de rapatriement alors que nous savons bien que nombre d’interprètes et travailleurs auprès des troupes françaises ont été laissés sur place lors du rapatriement fin 2012 et n’ont toujours pas pu émigrer.

Des dizaines de milliers d’afghans sont morts dans cette guerre ainsi que des centaines de soldats issus des pays de l’OTAN au prétexte de lutter contre des talibans qui avaient initialement été armés par les Etats-Unis afin de nuire au régime communiste afghan soutenu par l’URSS et ce dans une logique de guerre froide. Les Etats-Unis ont ensuite décrété en réaction à l’attaque terroriste du 11 septembre qu’il fallait lutter contre ces mêmes talibans arrivés au pouvoir, sous prétexte qu’ils constituaient une base arrière du terrorisme international. Il est en effet plus facile de désigner le mauvais objet terroriste que de tarir leurs sources de financement et d’armement situées quelque part dans la péninsule arabique. Rappelons aussi que l’Afghanistan est le premier producteur mondial d’opium, bien profitable pour les protagonistes depuis 40 ans.

La capitulation sans combats de l’armée afghane équipée et entraînée par l’OTAN et la fuite du gouvernement d’Ashraf Ghani démontrent l’inanité de cette politique de soutien artificiel d’un régime corrompu et laissant dans la misère son peuple. Les talibans sont les grands gagnants de cette politique puisqu’ils récupèrent tous les systèmes d’armement et de communication livrés par l’OTAN et qu’ils ont dorénavant les moyens de mener à mal leur politique obscurantiste dont les principales victimes seront les femmes.

Quant à Macron, incapable d’avouer l’impuissance et l’échec de la politique française d’intervention, il se soucie avec des préoccupations électorales évidentes de l’afflux de réfugiés qu’il souhaite contenir par tous les moyens avec l’aide d’Angela Merkel. Alors qu’il faudrait penser et agir en hospitalité et accueillir comme il se doit celles et ceux qui ont cru en en la transition démocratique de leur pays et, pour ce qui est des femmes, en leur émancipation durable.

La  logique de guerre et de changement de régime sous prétexte d’imposition de la démocratie à l’occidentale est un non-sens qui va à l’encontre des peuples concernés. Il est temps de demander des comptes à tous ces dirigeants occidentaux qui n’ont toujours pas compris qu’une guerre asymétrique est perdue d’avance et qui prétendent être les défenseurs de la liberté au nom de leurs pseudo-valeurss morales alors qu’ils ne sont que les porteurs d’un impérialisme néolibéral. Aucune révolution au sens de changement complet de système ne peut se faire sans le peuple et a fortiori contre le peuple. Le peuple afghan comme tout autre réalisera un jour par lui-même son émancipation et elle ne pourra lui être imposée par la force des armes.

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