Curieusement rendu partiellement public, après plus de deux mois d'attente, en plein cœur de l'été, le rapport Roussely réussit le tour de force de taper à la fois sur les usagers, les citoyens et les travailleurs du nucléaire.
Curieusement rendu partiellement public, après plus de deux mois d'attente, en plein cœur de l'été, le rapport Roussely réussit le tour de force de taper à la fois sur les usagers, les citoyens et les travailleurs du nucléaire.
Il n'est jamais bon pour un président de parler sous la contrainte. Surtout quand il répète devoir « garder son sang-froid ». Nicolas Sarkozy a dû se plier à l'interview menée par David Pujadas, lundi 12 juillet sur France 2, à cause des développements de l'affaire Bettencourt-Woerth et pressés par des élus de sa majorité de s'exprimer. Il y avait urgence car les fondamentaux du sarkozysme tremblent sur leurs bases, je veux parler du règne de l'argent décomplexé imposé depuis 2007 jusque dans le style présidentiel et de la « réforme » des retraites pilotée par une droite revancharde pour mettre à bas une des grandes conquêtes sociale de la gauche.
Un beau soleil politique ouvre ces mois d'été, qui seront aussi des mois de relâche pour A Gauche. Jamais la gauche n'avait emporté la circonscription de Rambouillet. Elle l'arrache ce dimanche avec plus de 1000 voix d'avance. Oui, la gauche ! Oubliée l'alliance avec le Modem, à laquelle se sont adonnés plusieurs élus socialistes du coin, et qui était présentée comme le seul chemin vers la victoire l'an dernier quand Anny Poursinoff avait pourtant échoué d'un cheveu au second tour.
Si ce quinquennat était une pièce de théâtre, mi-grotesque mi-tragique, l'affaire Bettencourt serait son acte II. Acte I ? Le Fouquet's. L'Acte III sera-t-il de goudron et de plumes ? On peut l'imaginer tant cette affaire frappe le pouvoir en plein cœur. Pas seulement par les accusations de financement illégal contre le président de la République. Mais aussi parce qu'elle tourne en débâcle la bataille culturelle centrale du sarkozysme. Sarkozy s'était en effet juré dès son élection fêtée au Fouquet's de réhabiliter les riches. Je les aime et je veux les faire aimer aux Français disait-il.
Ainsi l'affaire Bettencourt met le gouvernement et le président de la République en difficulté à travers l'un de ses hommes-clés, Eric Woerth. Bonne nouvelle. Non pas qu'il faille emboucher à cette occasion les trompettes consensuelles, qui de Bayrou au Monde, réduisent la critique du pouvoir à celle de son style. Bien davantage est en cause. Le lien de l'UMP avec les puissances d'argent est profond et connu. Pour ceux qui ne lisent pas Marx, une version toute en images a été donnée au Fouquet's dès le soir de la victoire sarkozyenne. Le président de la République qui ne s'est jamais caché d'aimer les riches s'est juré de les faire aimer au pays.
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