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Vite! La révolution citoyenne!

Infirmiers anesthésistes, dockers à Marseille, conducteurs de métro à Paris, où aura lieu le conflit qui bloquera la machine ? C’est la question que l’on peut se poser après le succès des manifestations de samedi en défense des retraites. De nombreux secteurs annoncent des grèves reconductibles, avant le 12 ou au lendemain de cette nouvelle journée prévue par l’intersyndicale. Car beaucoup sentent que c’est le moment où jamais pour arrêter la politique gouvernementale.
En soulignant que le PS au pouvoir ne reviendrait jamais sur les points centraux de sa réforme, ce que confirment d’ailleurs les déclarations des dirigeants socialistes, l’UMP a involontairement donné au peuple des arguments supplémentaires pour se mobiliser sans attendre 2012. De plus, à mesure que le mouvement se développe de manif en manif, il se radicalise et se politise. Les signes en abondent. Les infirmiers anesthésistes montés à Paris se rassemblent devant le Fouquet’s. « Il faut être ici pour être entendus » raillent-ils avant d’aller sous les fenêtres de l’UMP et pour les plus intrépides celles de l’Elysée. En une image, tout est dit. Le pouvoir n’est pas à l’hôpital, ni même à l’Assemblée. La lutte sociale prend la forme d’un bras de fer politique qui pose dans le même mouvement la nécessité d’en finir avec la dictature de l’argent, la domination de la droite et le pouvoir personnel du président de la Ve République.
Le mot pour nommer ce mouvement d’ensemble nous est fourni par les équatoriens : c’est la révolution citoyenne. Un processus par lequel le peuple travailleur devient souverain en chassant du pouvoir la minorité qui le colonise. Cette révolution citoyenne vient de rappeler sa force irrépressible. Vendredi dernier en Equateur, après le Venezuela, le peuple est allé sortir son président des griffes des putschistes car celui-ci était l’instrument d’une révolution citoyenne dans son pays. Au Honduras, hélas, le coup d’état a réussi car Zelaya était au départ un homme de droite ayant rompu en cours de mandat seulement avec l’oligarchie qui l’avait porté au pouvoir. Méditons la leçon. En France, nous en sommes maintenant au stand du « qu’ils s’en aillent tous ». Avant d’être en librairie la semaine prochaine, sous la signature de Jean-Luc Mélenchon, ce mot d’ordre monte déjà dans la rue comme la réponse finalement la plus censée au désordre actuel.





