ÉDITO •
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Qu’ils s’en aillent tous !
Un week-end, deux petits jours et trois victimes du vent de révolte qui s’est levé sur le monde ! En Tunisie où il souffle le plus fort, il a emporté dimanche un nouvel important. Plusieurs semaines après le départ de Ben Ali, Ghannouchi le premier ministre a du démissionner. Deux autres ministres issus de l’ancien régime sont partis le lendemain, espérant stopper le mouvement qui exige le départ du gouvernement de transition. Trop tard ! Car si certains courants, souvent liés à l’ancien régime, souhaitent rapidement terminer la révolution, ceux qui donnent le rythme à ce stade l’entendent autrement. Qu’ils s’en aillent tous disent-ils, avec comme mot d’ordre la convocation d’une Assemblée Constituante. La révolution, jusqu’au bout, par les urnes !
En Europe, le premier ministre irlandais Brian Cowen a été emporté. Il avait pourtant décidé de ne pas se représenter et croyait expier le pacte d’austérité passé avec le FMI et l’Union Européenne en démissionnant de la présidence de son parti. Mais c’est ce dernier tout entier que les électeurs ont mis à la retraite. Là encore le processus ne s’arrêtera pas ici. La future coalition conservateurs-travaillistes sera incapable de résoudre les problèmes du pays. Leur demande de révision des taux d’intérêt imposés par le FMI et l’UE n’a aucune chance d’aboutir à moins d’une confrontation à laquelle ils ne sont pas prêts. De plus ce sont des partisans du modèle économique qui a mis l’Irlande dans la nasse : bulle immobilière, politique d’attraction fiscale destinée aux investissements étrangers, soumission aux banques... Le peuple devra donc en essayer d’autres après avoir passé ceux-ci par-dessus bord.
Soyons fiers, le troisième lot de victimes est français ! La justification sarkozyste du remaniement par les révolutions arabes est à la fois un baratin puéril et un amalgame dangereux puisqu’il mêle émancipation arabe, immigration et terrorisme. Mais ce bobard nauséabond a une part de vérité. C’est la révolution arabe qui a eu la peau d’Alliot-Marie. L’insurrection citoyenne contre l’oligarchie tunisienne a jeté un peu de lumière sur l’oligarchie française. Là non plus ce n’est pas terminé. Si les utpeuples arabes se réapproprient leur pouvoir et leur histoire, ils feront de nouvelles découvertes, qui peuvent inquiéter les gouvernements européens et d’abord les Etats-Unis d’Amérique. D’autant qu’ici aussi monte l’exigence du départ du pouvoir. La droite se dit qu’elle ne peut emporter la présidentielle. Sarkozy veut tenter le tout pour le tout en sortant des rails d’une confrontation démocratique habituelle par la dramatisation sécuritaire et le brasier identitaire. On ne peut exclure que la Cinquième République finisse comme elle a commencé, dans un climat de guerre civile et de choc au Sud, encore inscrit dans son article 16.
Même Fabius répliquait au remaniement sur le plateau du JT par la demande d’un « remaniement présidentiel ». Pour ajouter immédiatement, « en 2012 bien sûr » ! Couvercle dérisoire ! L’histoire enseigne que la seule manière d’arrêter la colère des peuples est de régler leurs problèmes. Ceux-ci sont partout les mêmes contrairement aux bobards du choc des civilisations. C’est ce que montre aussi la simultanéité de ces départs. Les peuples affrontent tous un capitalisme financier qui impose l’austérité, renchérit le coût des matières premières, pille la planète, viole la souveraineté populaire. Pour régler un problème de cette taille il faudra partout une révolution citoyenne.





