ÉDITO •
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Attention rien n’est figé
La décision d’Olivier Besancenot de ne pas se présenter à l’élection présidentielle de 2012 est arrivée comme un coup de tonnerre. Mais le ciel était déjà lourd d’orage. Face à ce que les commentateurs réduisent pour l’heure à « une bonne nouvelle pour Jean-Luc Mélenchon », il ne faut pas oublier que ce retrait manifeste d’abord l’échec d’une des seules tentatives (avec le Front de Gauche) menées au sein de l’autre gauche pour dépasser la situation lamentable de la présidentielle de 2007.
Je ne repartirai pas au combat avec une PME disait Besancenot au terme de cette épreuve physique et politique. En cela la création du NPA par les dirigeants de la LCR n’était pas seulement estimable. Elle était méritoire, quels que soient par ailleurs les choix stratégiques erronés qui ont fracassé ce projet. Le risque est donc grand qu’une mouvance de la gauche qui fut mise en mouvement par l’espoir qu’incarnait pour eux le NPA de construire un mouvement de gauche radicale élargi soit désormais mise en prostration. Si tel était le cas, cette pseudo « bonne nouvelle » ne ferait qu’effondrer un point d’appui supplémentaire pour l’action de gauche.
La responsabilité du Front de Gauche s’élargit en conséquence. Il lui faut aussi ouvrir un chemin à tous ceux qui ne se donnent pas pour horizon la compétition avec Lutte Ouvrière pour incarner l’extrême gauche traditionnelle. Dire cela n’est pas mépriser ce que ces courants apportent à la gauche mais respecter le verdict sur lequel a été fondé le NPA comme instrument pour dépasser l’incapacité de l’extrême-gauche à peser au cœur des événements. Il faut donc continuer plus que jamais à se tourner vers ces militants. L’union que nous leur proposons loyalement ne les ferait pas disparaître mais éviterait au contraire leur effacement. Une union parfaitement possible car comme le NPA le reconnaît lui-même, il n’y a aucun obstacle programmatique sérieux à notre regroupement.
Ainsi va notre chemin. Demain il serait bien possible que nous devenions sans l’avoir choisi dépositaires du projet d’une écologie politique de gauche qui inspira la partie la plus dynamique du mouvement écologiste dans notre pays. Avant d’avoir aussi à porter l’ambition socialiste d’une rupture avec le capitalisme proclamée à Epinay par Mitterrand mais enterrée par les dirigeants du PS en ces temps de commémoration qui sont davantage en cette matière des funérailles. Alors comment pourront-ils encore dire, spectre du 21 avril en main, que le Front de Gauche divise la gauche alors qu’il représente des sensibilités essentielles qui seraient menacées en son absence de disparaître de la scène ? Comment peuvent-ils prétendre que nous affaiblissons la gauche alors que nous mobilisons tant d’énergies pour le combat politique qui ne sont pas représentées par le point de vue dominant au PS, et a fortiori par la politique du directeur général du FMI ? D’ailleurs pendant que nous travaillons sans relâche à rassembler des rameaux essentiels de la gauche celui-ci laboure d’autres terres. Entre avocats d’affaires et visite de locaux de campagne dans le 16e, le voilà lancé à la conquête de l’oligarchie. L’homme a des arguments à faire valoir et la profondeur de la crise à droite est telle qu’un plan B peut apparaître inéluctable à certains. Déjà Lagardère a confié à un strauss-kahnien patenté la direction de sa radio Europe 1. Décidément cette élection ne ressemblera pas à la précédente. C’est aussi ce que nous rappelle le choix fait par Besancenot.





