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Chili - Les Mapuches, un peuple muselé!

Mercredi 22 Septembre 2010
  Guillaume Beaulande

mapuche

En cette période de célébration du bicentenaire des indépendances en Amérique latine, le peuple Mapuche fait l’objet d’une répression de plus en plus vive de la part du gouvernement chilien. Ils revendiquent la restitution et le respect de leurs droits bafoués par la loi 18. 134 dite « anti-terroriste », une loi adoptée sous la dictature de Pinochet pour faire taire les opposants politiques, et donc contraire aux exigences de justice d’un État de droit. C’est en vertu de cette loi anti-démocratique qu’aujourd’hui, les accusés (dont certains ont à peine 18 ans) sont présumés coupables, détenus arbitrairement et victimes de tortures et de châtiments psychologiques dans les geôles chiliennes.

32 prisonniers politiques chiliens (dont cinq sont dans un état critique) font une grève de la faim depuis le 12 juillet pour que cesse enfin l’injustice de la double procédure, civile et militaire, car les délits pour lesquels ces Prisonniers Politiques Mapuches (PPM) ont été inculpés ne relèvent que du droit pénal civil. Ils demandent également la révision des verdicts rendus lors des procès arbitraires prononcés sous cette loi, ainsi que la démilitarisation de leur territoire ancestral réduit à sa portion congrue (5%) depuis que les multinationales ont en un siècle fait main basse sur 2 Millions d’Ha.

Le gouvernement du Président Sebastián Piñera ne respecte ni la Convention 169 de l’OIT signée par le congrès chilien, en vigueur depuis 2009, sur les droits environnementaux, sociaux, culturels et politiques des peuples autochtones, ni la déclaration de l’ONU relative aux peuples autochtones adoptée en septembre 2007, se plaçant ainsi au-dessus du droit international et plongeant le pays dans un climat d’incertitude juridique et politique.

Depuis le jeudi 09 septembre quatre députés chiliens, Sergio Aguilo et Manuel Monsalve du Parti Socialiste, Hugo Guttieréz du Parti Communiste et Tucapel Jímenez du Partido por la Democracia ont décidé de commencer une grève de la faim après avoir rendu visite aux Mapuches emprisonnés à Temuco (dans le sud du pays), ces derniers avaient d’abord tenté de rester auprès des prisonniers politiques avant d’être délogés par les gardiens de la prison, ils sont tous membres de la Commission pour les Droits Humains. .

Le Président avait jusque-là fait la sourde oreille, le 3 septembre, pour la première fois, il s’est prononcé sur la situation des prisonniers politiques en grève de la faim. Il s’est engagé à « modifier la loi terroriste », sans pour autant l’abroger, ce qui soulève la colère légitime des parents des prisonniers Mapuches.

Il faut contraindre le gouvernement de Piñera à reconnaître enfin l’Etat plurinational, à abroger cette loi qui criminalise tous les mouvements sociaux au Chili et prend pour cible principale le peuple Mapuche, le sommer de respecter enfin les droits des peuples indigènes et de proposer une véritable table ronde à l’écoute de leurs revendications. Des manifestations de soutien ont lieu au Chili et un peu partout dans le monde. En France, un collectif de soutien au peuple Mapuche a été formé, le CECT France (Comité d’ Éthique Contre la Torture) se rassemble depuis vendredi de 11h00 à 19h00 devant l’ambassade du Chili à Paris.

Le Parti de Gauche soutient de façon inconditionnelle le peuple Mapuche et salut son Parti frère chilien Paiz dont le Président, Jorge Arrate, a déjà rendu visite aux prisonniers politiques et les soutient sur place activement dans leur lutte.


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