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Les mauvaises herbes du libéralisme étouffent l’agriculture

Mercredi 24 Novembre 2010
  Laurent Levard

agriculture

Jeudi 18 novembre, la Commission Européenne a présenté ses propositions pour la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC). La commission européenne persiste à mettre en avant les exigences de « compétitivité » de l’agriculture européenne, synonyme de concentration de la production et de dégâts écologiques. Les inflexions positives par rapport à la PAC actuelle, en faveur de l’environnement et d’une plus juste répartition des aides, ne compenseront pas les effets dévastateurs de la libéralisation de l’agriculture. Il faudra, de plus, veiller à ce que les lobbies de l’agro-business ne réussissent pas à réduire à peau de chagrin les inflexions positives au cours du processus de définition des modalités concrètes de la réforme !

La réforme envisagée confirme explicitement la volonté de la Commission de poursuivre le processus de libéralisation de l’agriculture. Elle s’inscrit d’emblée dans le cadre de la libéralisation des marchés agricoles, anticipant même la conclusion du cycle de Doha de l’OMC et de nouveaux accords de libre échange, synonymes de nouvelles baisses de prix, d’augmentation de leur instabilité, de précarisation des paysans, de mise en concurrence déloyale entre agroindustriels et paysans, entre pays du Nord et du Sud.

Ainsi, la commission européenne prône l’accroissement de la « compétitivité » de l’agriculture européenne, c’est-à-dire sa capacité à mettre sur le marché des produits au plus bas prix possible. Les instruments de gestion des marchés sont abandonnés -suppression des quotas laitiers dés 2015- ou réduits à de simples « filets de sécurité » en cas de crise grave. Aucune mesure sérieuse n’est envisagée pour combattre la confiscation du revenu agricole par les intermédiaires et la grande distribution, alors même que la Commission reconnaît la problématique de la répartition de la valeur ajoutée dans les filières.

Dans ce contexte de baisse programmée des prix, et partant du fait qu’il y aura - au mieux - maintien des moyens budgétaires actuels de la PAC, il est illusoire de penser que la nouvelle PAC :
- inversera la tendance productiviste à la concentration de la production, à la disparition d’exploitations et d’emplois et à la précarisation d’une grande partie de la paysannerie et des salariés de l’agriculture. Les agriculteurs continueront à être entrainés dans la course à la productivité, chacun devant produire plus et agrandir son exploitation pour compenser la baisse des prix,
- permettra une véritable transition écologique de l’agriculture, laquelle implique le développement de systèmes de production ayant recours à plus de travail, de façon notamment à garantir une plus grande autonomie en intrants et à mieux mettre en valeur les potentialités des écosystèmes.

De même, le dumping sur le marché mondial découlant de l’exportation de marchandises produites grâce à des subventions n’est pas remis en cause, tout comme les conséquences sociales et environnementales dramatiques de l’importation massive de soja et d’agro-carburants en provenance des pays du Sud.

Sur les questions agricoles comme sur d’autres, le Parti de Gauche dénonce la confiscation de la souveraineté des peuples. Il condamne la poursuite de la libéralisation des marchés agricoles prônée par la Commission européenne et par le gouvernement français dans la logique de l’OMC.
Il se prononce pour une politique agricole au service de l’intérêt général de la souveraineté alimentaire, de l’emploi et des revenus de l’ensemble de la filière, d’une alimentation de qualité et de la transition écologique de l’agriculture.

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