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Le Portugal a besoin d’une autre gauche unie

Mardi 25 Janvier 2011
  Bruno Fialho, Céline Meneses

Le 21Novembre dernier, pas moins de 3 millions de travailleurs ont réalisé la plus grande grève générale de l’Histoire du Portugal.

Les élections présidentielles de ce dimanche n’ont malheureusement pas été l’occasion d’une mobilisation citoyenne équivalente. L’abstention atteint un record historique avec 53 %, délégitimant d’autant les résultats.

Il est vrai qu’au Portugal, le président n’a pas de pouvoirs exécutifs. L’enjeu de son élection est donc bien moindre qu’en France par exemple. Mais il dispose quand même d’un pouvoir institutionnel important. Garant de la Constitution, il promulge les Lois votées par le législateur et peut dissoudre l’assemblée nationale.

Les suffrages exprimés représentent donc à peine 47% des inscrits.
Le candidat de la droite (unie) remporte 53% de ceux-ci.
La gauche est partie divisée.  Le candidat officiel, Manuel Alegre, avait le soutien de partis de gauche -Bloc de Gauche et PCTP-MRPP. Mais la division mise en œuvre par l’aile droitière du PS et son candidat Fernando Nobre a affaiblit sa candidature. ll réalise ainsi un score moindre qu’en 2006, quand il s’était présenté indépendamment du parti socialiste.  Le candidat du parti communiste réalise quant à lui le score honorable de 7,2%.

Nombreux ont été les portugais de gauche qui ont déploré la division des partis de gauche. Cela a joué en faveur de l’unique candidat de toutes les droites unies.

A l’heure où le Portugal subit de plein fouet la crise des marchés financiers et le joug du traité de Lisbonne, à l’heure où il est acculé par le FMI de Monsieur Strauss Kahn, à l’image de la Grèce et de l’Irlande, et après trois plans d’austérité votés en 2010, c’est une autre gauche unie dont le peuple avait besoin.

Le parti socialiste portugais a décrédibilisé son candidat en votant les plans d’austérité et, pour une part de ses membres, en soutenant un candidat concurrent. Déjà le président Cavaco Silva annonce, comme le Parti Socialiste au gouvernement, que l’année 2011 va être plus dure que 2010 ! Plus dure pour le peuple qui devrait supporter "les efforts", mais pas pour l’oligarchie financière.

Plus que jamais, au Portugal comme ailleurs, c’est une autre gauche unie et indépendante des sociaux démocrates qu’il faudrait construire. Il y a urgence à mettre en place la partie de la Constitution portugaise qui stipule construire une société allant vers le socialisme.

Le Parti de Gauche réaffirme son soutien aux forces de l’autre gauche portugaise et forme de le voeu  de les voir unies aux prochaines élections pour offrir un débouché politique efficace aux millions de portugais qui se mobilisent dans la rue.

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