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Victoire ! Le peuple égyptien renverse Moubarak
Vendredi 11 février, le mouvement populaire en Egypte est venu à bout du despote, première étape vers la chute du régime. Soutenu depuis trente ans par tous les gouvernements américains, britanniques et français, Moubarak a « dégagé ». Il a été renversé par la force d’un soulèvement populaire émancipateur qui revendique le partage des richesses et la démocratie. Le Conseil suprême des forces armées a provisoirement repris le pouvoir en main.
Initié le 25 janvier dernier, le mouvement égyptien, clairement inspiré par l’exemple tunisien, qui s’est créé spontanément pour demander la fin de la dictature et l’instauration d’un régime démocratique, n’a cessé de s’amplifier malgré une répression qui aura causé plus de 300 morts et des milliers de blessés. Cette « intifada » populaire, avec notamment une multiplication de manifestations et de grèves ouvrières dans toutes les villes du pays, et symbolisée par la foule occupant jour et nuit la place Tahrir au Caire, n’aura finalement mis que 18 jours pour atteindre son premier objectif avec le départ du vieil autocrate.
La portée de cet évènement est immense et nul ne pourra plus dire que la révolution tunisienne n’était qu’un accident. Avec la chute de Moubarak, c’est une vague de fond qui déferle et qui affecte dès maintenant d’autres peuples du Maghreb et du Machrek : en Algérie, au Yémen, en Jordanie… Demain d’autres régimes despotiques et corrompus tomberont.
Les leçons à tirer de ces évènements sont éclatantes :
-les soulèvements des peuples arabes prouvent que les grands bouleversements historiques sont toujours le fruit de l’intervention directe des masses dans le domaine où se règlent leurs propres destinées. Les peuples arabes ont la même aptitude à la démocratie et à la justice sociale que tout autre peuple, et les régimes autoritaires en place, n’ont prospéré (là comme ailleurs) pendant si longtemps, qu’avec la bénédiction et la complicité des dirigeants occidentaux.
-On peut être sûr que ces derniers, une fois l’effet de surprise passé, chercheront par tous les moyens à limiter ou à remettre en cause la portée des changements intervenus, car ceux-ci menacent l’ordre capitaliste mondialisé.
-N’ayant eu d’autres choix que de monter dans des trains partis sans eux, les courants islamistes ne sont pour rien dans ces soulèvements. Ceux-ci sont le fruit d’une aspiration universelle des peuples au bien-être, à la justice sociale, à la démocratie et à des élections libres pour affranchir leur destin de la domination de l’oligarchie.
-Cette aspiration est exacerbée par la crise du capitalisme qui frappe d’abord les plus pauvres – la très grande majorité des populations - et s’étend ensuite aux classes moyennes, plus ouvertes aux réseaux internet et qui rejoignent la révolte des premiers.
Le Parti de Gauche, qui s’inspire notamment dans sa stratégie des exemples des révolutions citoyennes menées en Amérique du Sud, tient à saluer l’irruption des mouvements populaires insurrectionnels non violents dans le monde arabe, qui visent à renverser des oligarchies asservies aux représentants du capitalisme néolibéral mondialisé. Une brèche est ouverte. La route vers l’instauration de véritables régimes populaires, sociaux et démocratiques sera sans doute encore longue. Le Parti de Gauche continuera de se tenir aux côtés de ces peuples qui tracent un chemin nouveau vers l’avenir, et de les soutenir de toutes ses forces, car leur combat et le nôtre ne font qu’un.






