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Halte à la répression makhzénienne !

Mercredi 2 Mars 2011
  D. A.

La soif de changement des Marocains a été plus forte que la peur, plus forte que la campagne de désinformation, plus forte que les consignes des autorités. Ils veulent s’inscrirent dans le grand mouvement vers la démocratie qui souffle de l’est. En sortant dans la rue pour réclamer leurs droits au grand jour, ils ont dépassé le traumatisme des années de plomb.

On ne peut pas parler de liberté, de droits civiques, et politiques au Maroc sans rappeler ce que furent les "années de plomb". Quand le régime a pratiqué une politique systématique de répression musclée à toute opposition. Les méthodes dites makhzéniennes (système au service des intérêts d’un gouvernement absolu) se sont caractérisées par l’arbitraire et une barbarie d’un autre âge.

Certes, l’avènement, il y a plus de dix ans, de Mohamed VI a été porteur d’espoir, le nouveau souverain marocain a tenu un discours annonçant une rupture avec les méthodes condamnables qui caractérisaient le régime de son père. La mise en place d’une instance équité et réconciliation IER . a pu asseoir l’image nationale et internationale d’un monarque réformateur.

Mais force est de constater, plus de 10 ans après cette levée d’espoir, que le régime marocain est resté le même. Il s’agit toujours de faire cohabiter deux systèmes :l’un parlementaire et artificiellement pluraliste qui sert de façade à l’autre, le pouvoir royal, assisté de ses conseillers, qui s’appuient sur un système féodal appelé le Makhzen. Le roi est l’acteur majeur de l’économie nationale , sa holding opère dans tous les secteurs stratégiques. Ce système a ses corollaires : la corruption, la défense d’intérêts particuliers, il est aussi le terrain des appétits des investisseurs étrangers.

Le contexte makhzeénien associé à celui de la crise du capitaliste, inflige au peuple marocain en plus de droits civiques restreints, des conditions insupportables, il subit de plein fouet au quotidien le manque d’accès aux produits de première nécessité, au travail, à la santé, à l’éducation, au logement.

Le 20 février, ils étaient près de 200 000 à manifester pacifiquement dans de nombreuses villes, les revendications qu’ils ont portées sont d’ordre

  • politique : mettre fin à un simulacre démocratique, liberté d’expression

  • économique : sortir des mesures dictées par le FMI qui servent les intérêts particuliers

  • social :chômage, pauvreté, santé, logement

Le Parti de gauche exprime tout son soutien aux citoyens marocains qui ont manifesté pacifiquement ces jours-ci, le 20, le 26 et 27 février et dénonce les violences intervenues à Rabat,Fès, Agadir, Sefrou, celles subies par les habitants des bidons villes des Carrières centrales de Casablanca. Il dénonce les incarcérations des étudiants, des lycéens , des militants d’organisations non gouvernementales (AMDH, ATTAC, Annahj Addimocrati, PSU…).

Le Parti de gauche salue la mémoire du jeune Chaïb Karim, 21 ans qui a succombé à ses blessures suite à la répression de la manifestations pacifique de Sefrou et celle de Fadoua Laroui, mère de deux enfants qui s’est immolée par le feu à Souk Sebt, première femme dans un pays arabe à exprimer aussi violemment son désespoir.

Il condamne le silence complice sur la situation au Maroc : silence du gouvernement français plus prompt à signer des contrats commerciaux qu’à défendre les droits de l’homme, silence des hommes politiques qui y passent tranquillement leurs vacances, silence des médias, même Aljazeera ne couvre plus l’actualité marocaine. Il s’interroge sur le  « statut avancé » accordé par l’Europe pour l’effort en termes « de réformes politiques, de consolidation de l’Etat de droit, d’une meilleure justice, de réformes économiques, de cohésion sociale et de lutte contre la pauvreté ».

Il n’y a pas « d’exception marocaine ». Au Maroc, comme en Tunisie, en Egypte, en Algérie, en Libye, le peuple, et particulièrement la jeunesse porte des revendications émancipatrices liées à l’exigence d’un autre partage des richesses, à la liberté d’expression, aux droits politiques et sociaux. Les principes qui guident ces revendications sont universels et les violences qui sont faites aux personnes s’en réclamant sont contraires au droit international.

C’est pourquoi nous soutenons le mouvement du 20 février dans ses revendications légitimes et appelons dans le cadre du comité de soutien de suivi du 20 février au

Rassemblement à Trocadéro

Parvis des droits de l’Homme

Dimanche 6 mars à 15h

Paris 16ème Métro Trocadéro

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