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L’Islande à l’heure des choix

Vendredi 4 Février 2011
  Christiane Chombeau

En ce début d’année le gouvernement islandais et le FMI vantent la reprise économique en Islande. Une façon de faire avaler la remise en cause de deux mesures imposées par la rue et les urnes en 2010 : l’élection d’une Constituante et le refus de payer les dettes bancaires au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. Tout commence en 2008, quand la crise financière fait plonger les banques islandaises, et que la pression de la rue contraint le gouvernement de droite à nationaliser les banques avant de l’acculer à la démission en janvier 2009.

La coalition sociaux-démocrates - Verts qui s’installe au pouvoir après des législatives hérite de la demande des néerlandais et des britanniques qui exigent le remboursement des sommes avancées à leurs ressortissants pour compenser leurs pertes après la chute de la banque Icecave. Ne voulant affronter ni l’Union européenne qu’il veut intégrer ni le FMI qui retient la dernière tranche de prêts consentis en 2008, le gouvernement accepte de négocier. A la grande colère des Islandais, un plan de remboursement de 3,9 milliards d’Euros entre 2016-2024 avec un intérêt de 5,5% est adopté par le Parlement. Une charge démentielle pour les 320.000 Islandais qui réunissent en un temps record 56.000 signatures de protestation. Saisi par les pétitionnaires le président de la République organise un référendum qui voit la victoire du non à 93%. Reste que l’UE, le FMI et le gouvernement islandais n’ont pas dit leur dernier mot : un nouveau plan négocié fin 2010 prévoit un remboursement entre 2016-2046 avec des intérêts de 3% et de 3,3%. Il doit être présenté au parlement.

La Constituante, quant à elle, était une promesse électorale. Les élections de novembre ont départagé 25 candidats parmi les 522 qui se présentaient. Mais cette assemblée qui devait notamment réviser la constitution, organiser la séparation de l’église et de l’Etat et la nationalisation des ressources naturelles, ne pourra pas se réunir. La Cour suprême saisie par la droite a invalidé son élection pour, entre autres, non publicité de vote. Le gouvernement doit à présent décider soit d’une nouvelle élection, soit d’investir les 25 citoyens mais en les plaçant sous l’égide du Parlement. Une décision importante pour les Islandais qui voient par deux fois leur souveraineté piétinée.

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