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Irlande : un monde s’écroule

Lundi 7 Mars 2011
  Matthias Tavel

élections

Les élections du 25 février en Irlande sonnent la fin d’une époque. La participation, plus forte qu’en 2007 (70%), marque la chute du premier gouvernement de la zone Euro depuis le début de la crise. Surtout, le Fianna Fail, puissant parti de droite souverainiste qui a dirigé le pays 48 ans depuis 1945 est balayé. De 42% en 2007, il passe à 17% en 2011 !

« Miracle irlandais », « tigre celtique » : il y a peu, les libéraux vantaient le modèle irlandais. Mais, fondé sur le dumping fiscal, l’immobilier et la finance, ce prétendu modèle s’est écroulé. Le sauvetage des banques par l’Etat a fait exploser le déficit public : 32% en 2010. Le gouvernement dirigé par le Fianna Fail a demandé l’aide de l’UE et du FMI imposant en retour une austérité brutale alors que le taux de chômage atteint 14% : 15 milliards d’euros de coupes budgétaires et baisse du salaire minimum horaire. En plus de vouloir faire payer la crise au peuple, le gouvernement a été accusé de brader la souveraineté de l’Irlande et a dû convoquer ces législatives anticipées.

De ces élections, aucune alternative n’émerge. Le Fine Gael, affilié au parti populaire européen arrive en tête (36%). Ce parti de centre-droit devrait gouverner avec le parti travailliste (20%). Tous deux veulent renégocier le taux d’intérêt du prêt du FMI mais sans vraiment contester l’austérité et le FG refuse de revoir la fiscalité des entreprises.

Quant à l’autre gauche, elle progresse mais sans peser réellement faute d’unité large. La coalition (United Left Alliance) créée pour ces élections et regroupant divers groupes dont le Socialist Party de l’eurodéputé Joe Higgins n’a pu présenter des candidats que dans la moitié du pays. L’autre parti affilié à la GUE, le Sinn Fein, obtient le meilleur résultat de son histoire (10%). Son discours favorable au service public et sa lutte permanente pour la souveraineté de l’Irlande lui permettent d’incarner une partie du mécontentement. Mais il doit faire face à une contradiction : au nom de la souveraineté nationale il refuse l’austérité, mais aussi l’harmonisation fiscale dans l’UE, laissant le dumping démanteler les droits sociaux.

Ces élections ne règleront donc pas les problèmes des Irlandais. D’ailleurs, 20% des moins de 24 ans ont voté pour des candidats « indépendants », refusant les partis traditionnels.

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