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Zone Euro : un pacte d’agression

Mercredi 23 Mars 2011
  Matthias Tavel

Le 11 mars, les ministres des finances de la zone euro se réunissent pour parler de la crise de la dette, du pacte de compétitivité allemand et de l’augmentation du budget du Fond de Soutien Européen

Les chefs d’État et de gouvernement de la zone Euro ont approuvé, vendredi 11 mars, le principe d’un « pacte pour l’euro ». Sous couvert de « renforcement de la compétitivité et de la croissance économique », ils ont mis en place les éléments d’un véritable pacte d’agression contre les travailleurs. Ce pacte a pour objectif d’assurer « la mise en œuvre de réformes structurelles » au nom de la cohérence économique de la zone Euro selon la résolution adoptée la semaine précédente à Helsinki par les leaders du Parti Populaire Européen (dont le président de la commission, du conseil et du parlement européens ainsi que la chancelière allemande). Avancé par N. Sarkozy et A. Merkel, il prévoit de généraliser l’austérité, déjà appliquée en Grèce, en Irlande ou au Portugal, à toute l’Europe. Et avec une violence inouïe.

La version définitive doit être arrêtée lors du sommet européen du 25 mars prochain mais, déjà, les objectifs sont clairs : réduire la dette publique (héritée de la dette privée des banques) notamment par la « modération salariale » dans le secteur public. Surtout, les premiers documents de travail sur le contenu de ce pacte préconisent toute la panoplie libérale : baisse de l’impôt sur les sociétés sous couvert d’harmonisation européenne, hausse de la TVA, relèvement de l’âge de la retraite selon « l’évolution de l’espérance de vie », libéralisation de secteurs économiques encore réglementés dont les services de réseau (énergie, transport, télécom). Et derrière le développement de la « flexicurité » se profile la généralisation de la précarité.

Une fois encore, pour faire passer ses mauvais coups, l’UE recourt à une procédure antidémocratique. Ce document s’élabore dans l’opacité la plus totale. La Commission pourrait voir ses pouvoirs renforcés. Et une version préparatoire du document enjoignait les Etats de modifier leur constitution - une première - pour interdire les déficits !

Face à une telle offensive, une mobilisation exceptionnelle sera nécessaire. Le 7 mars dernier, lors d’une conférence de presse avec Jean-Luc Mélenchon, Martine Billard, Pierre Laurent et Christian Picquet, le Front de Gauche a annoncé sa volonté d’engager une bataille totale contre ce projet anti-social.

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