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Au Maroc, la contestation populaire s’amplifie

Depuis le 20 février à l’appel des jeunes, le Maroc est soulevé par une vague de fond pour appeler à une transformation de la société marocaine, pour exiger de vrais changements démocratiques..Depuis plus d’un mois, partout au Maroc et même dans de petites villes, se sont créés des comités à l’origine des manifestations. En réponse à cette situation, le pouvoir makhzénien a alterné, tolérance de façade, propagande et répression brutale. Bilan de la répression : la mort du jeune Karilm Chraib de Sefrou, de nombreux, blessés et des incarcérations.
Le13 février, à Casablanca, le siège du PSU, a subi l’assaut des forces de l’ordre avec pour conséquences, blessés et arrestations habituelles. Il faut savoir que pParmi les personnes arrêtées, certaines ont été condamnées à des peines allant jusqu’à dix ans de prison. Dans ce contexte, le mouvement pacifique du 20 février, issu de la société civile, porté par les jeunes, fait preuve d’une grande détermination. Aussi, le roi Mohamed VI a-t-il décidé de répondre à « ses sujets » et s’est adressé à eux le soir du 9 mars.
Ce discours de Mohamed VI a été salué par les USA, par l’UE, par la France. Les partis qui participent au gouvernement y ont vu une grande avancée. Pourtant il apparaît nettement que les manifestants qui se veulent des citoyens et non des sujets n’y ont pas trouvé de réponses satisfaisantes. C’est pourquoi, ils ont appelé à de nouvelles actions pour continuer à porter leurs revendications. Les points cruciaux qu’ils mettent en avant, sur fond de crise et de corruption, sont : la sortie d’une monarchie absolue (avec un souverain Commandeur des croyants), la séparation des pouvoirs, la mise en œuvre d’un processus démocratique réel. Or l’annonce de la créations de commissions choisies et constituées par le Roi ne répond en rien aux attentes du mouvement du 20 février qui aspire à la sortie d’un système soumis au « fait du Prince ». Les marocains savent parfaitement que les 5 constitutions marocaines successives n’ont rien changé au fait que le roi règne et gouverne à la fois.
Cette ardente jeunesse marocaine inspirée par les révolutions Tunisienne, Egyptienne et qui recolle les morceaux de son histoire (mouvements des années 60, Ben Barka) poursuit sa construction, dépassant les peurs issues des années de plomb. Elle demande une démocratie qui rompt avec les traditionnelles requêtes portées par les partis de l’opposition classiques habitués aux miettes du pouvoir.
La France qui entretient des relations de complaisance avec le pouvoir marocain réitère les mêmes erreurs historiques qu’en Tunisie et en Egypte. Alain Juppé à la tribune de l’ONU, le 17 mars, a qualifié de « courageux et visionnaire » la mise en place d’une monarchie constitutionnelle et le 18 mars, l’ambassadeur de France à Rabat, rencontrait un groupe de jeunes issus de partis politiques marocains pour les dissuader de continuer à manifester dans le cadre du mouvement du 20 février.
Le 20 mars dernier a été un jour de grande mobilisation : 50 000 personnes dans les rues de Casablanca. Les jeunes entraînent avec eux les hommes et les femmes de toutes générations, d’origines sociales diverses, les associations, les partis politiques qui aspirent aà plus de justice, plus de liberté, au partage des richesses. Ils empruntent ainsi le vrai chemin du changement : la lutte populaire sur le terrain.
Le Parti de gauche est solidaire de la lutte légitime et courageuse des comités du 20 février. Il soutient leurs revendications pour une constitution démocratique votée par une assemblée constituante. Il est aux côtés du comité de soutien marocain de suivi du 20 février qui s’est constitué pour mobiliser et mener des actions dans le cadre du mouvement, en France.






