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Honduras : Manuel Zelaya est de retour

Lundi 6 Juin 2011
  Christophe Ventura

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Près de deux ans après son renversement par un coup d’Etat (28 juin 2009) et seize mois passés en exil en République dominicaine, Manuel Zelaya (dit « Mel ») est, le 28 mai, rentré au Honduras. Et ce, avec le plein accord du gouvernement. Une foule enthousiaste a salué son arrivée à Tegucigalpa (la capitale du pays) dans un avion de la compagnie vénézuélienne Conviasa en provenance de Managua au Nicaragua, où le PG était présent à travers Raquel Garrido et Marie-Agnès Labarre. Ce retour, qui a surpris beaucoup d’observateurs, a été rendu possible par l’accord dit de Cartagena (Accord pour la réconciliation nationale et la consolidation du système démocratique dans la République du Honduras). Celui-ci a été signé grâce à la médiation des présidents colombien Juan Manuel Santos et vénézuélien Hugo Chávez le 22 mai à Cartagena de Indias (Colombie) entre Zelaya et le chef de l’Etat hondurien en exercice – issu d’élections organisées par un gouvernement illégitime -, Porfirio Lobo.

L’accord comporte quatre points dont la stricte application fera l’objet d’un suivi par une commission de vérification composée de la Colombie et du Venezuela : 1) retour de Zelaya et de tous les exilés ; 2) respect des droits de l’homme et punition de tous les putschistes ; 3) reconnaissance du Front national de résistance populaire (FNRP) en tant que parti politique (il s’agit de la plateforme politique issue de la résistance au coup d’Etat coordonnée par « Mel ») ; 4) mise en place d’une Assemblée nationale constituante.

L’ensemble de la gauche latino-américaine, dont de nombreux représentants étaient présents dans la capitale hondurienne pour l’événement, se félicite de cette « victoire de la démocratie ».
Pour sa part, le gouvernement Lobo espère une réintégration rapide du Honduras au sein de l’Organisation des Etats américains (OEA) dont la prochaine Assemblée générale se tient les 4 et 5 juin.
Si les points 1 et 3 semblent acquis, il faudra rester vigilant pour les deux autres. Les simples promesses de ce gouvernement qui a déjà montré son aptitude à trahir ses engagements ne sauraient suffire. C’est pour cela que les principaux dirigeants du FNRP estiment prématuré le retour du Honduras dans l’OEA comme l’a dit le président équatorien Rafael Correa : « tant qu’on ne sanctionnera pas les putschistes, l’Equateur n’appuiera pas le retour du Honduras dans l’OEA ».

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