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Célébrations de l’Independance Day entâchées par la faillite du Minnesota

Mardi 12 Juillet 2011
  Anne Saidi

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Alors que la presse a les yeux rivés sur le cas grec, un état s’est déclaré en faillite dans une indifférence généralisée le jour de sa Fête Nationale : le Minnesota aux Etats-Unis.

Le gouverneur démocrate Mark Dayton a déclaré le défaut de paiement, du fait d’un déficit de 5 milliards de dollars, qui n’a pas pu être comblé au 1er juillet comme l’exige la Constitution. Comme d’usage dans ce type de situation, les autorités sont face à deux solutions : augmenter les recettes (et donc les impôts) ou diminuer drastiquement les dépenses, et c’est cette deuxième voie qui a été choisie. Par conséquent, depuis le 4 juillet, quelques 22 000 fonctionnaires ont été remerciés et les services publics ont été quasiment tous suspendus, le gouverneur espérant un déblocage au niveau fédéral.

Situé dans le Nord-est, près des grands lacs et à la frontière du Canada, le Minnesota peut sembler anecdotique du fait qu’il est loin d’être l’Etat le plus peuplé (5 millions) ou le plus riche de l’Union, mais son cas fait suite à une série d’alertes rouges sur la situation économique catastrophique de la première puissance mondiale : en avril et en juin, les agences S&P, Moody’s et Fitch ont successivement mis sous surveillance le sacro-saint AAA du pays ; une grogne sociale inédite s’est emparée du Wisconsin ; n’oublions pas que la Californie a frôlé le défaut de paiement en 2010.

Au niveau fédéral, le bras de fer entre républicains et démocrates porte sur la possibilité de relever le plafond de la dette, aujourd’hui fixé à 14 300 milliards de dollars, et arrivant à échéance au 2 août 2011. Passé cette date butoir, les Etats-Unis ne pourraient plus emprunter pour financer leur déficit. Le désordre impulsé par les élus du Tea Party aggrave les tensions du fait de leur féroce croisade anti-dépenses fédérales. Le blocage ne porte pas tant sur le plafond que sur les concessions pour l’autoriser : les républicains voudraient profiter de ce débat pour revenir sur la réforme du système de santé de 2010, et les démocrates seraient enclins à faire des coupes sur les dépenses publiques contre la fin de certains cadeaux fiscaux faits aux plus fortunés. Même si un accord était trouvé, il ne s’agirait là que d’une fuite en avant de la part d’Obama. Les maux sont structurels : ils portent sur la formation de bulles spéculatives, le déséquilibre entre la production réelle par rapport à la consommation, les baisses des recettes facilitées aussi bien par les administrations Reagan que Clinton ou Bush, ou la part exponentielle du budget du Pentagone.

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