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Premières mesures austéritaires des gouvernements d’union nationale

Vendredi 18 Novembre 2011
  Céline Meneses

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La Chambre des députés a voté la confiance au « gouvernement technique » qui dirige désormais l’Italie. 556 voix contre 61, le verdict est sans appel. Le gouvernement des technocrates non élus , dirigé par l’ancien Commissaire à la concurrence Mario Monti, connu pour son libéralisme inflexible, prendra bien le relais d’un gouvernement élu avec l’assentiment des deux partis majoritaires. Ce gouvernement avait annoncé la veille un programme de gouvernement marqué du sceaux de la rigueur eurolibérale. Accélération de la réforme des retraites (la Commission européenne avait jugé quelques jours plus tôt qu’il fallait accélérer le mouvement en la matière et précisé les échéances auxquelles l’Italie amènerait progressivement ses citoyens à travailler jusqu’à 67 ans), baisse des taxes sur les salaires et les entreprises pour satisfaire les employeurs, flexibilisation du marché du travail,  inscription de l’équilibre budgétaire dans la Constitution et engegement à le faire respecter en 2013. Une copie conforme des demandes du Commissaire Olli Rehn.

En Grèce, le gouvernement d’union nationale du banquier européen Papadémos, coalition avalisée par 255 des 300 députés que compte le Parlement hellénique et composée du Pasok (PS grec), de Néa Dimokratia (équivalent de l’UMP) et de LAOS (extrême droite), vient elle aussi d’annoncer de nouveaux sacrifices à la faveur de la présentation de son projet de budget 2012. Au programme de ce 9ème plan d’austérité depuis Janvier 2010 : une réduction des dépenses publiques de 5,2 milliards d’euros par rapport à 2011 (soit-5%)  , une augmentation de 7% des recettes fiscales (mais lesquelles ?) et pas moins de 9,3 milliards d’euros de nouvelles privatisations.

Appliquer à la lettre les diktats de l’UE et du FMI au bénéfice des sacrosaints marchés financiers, voilà ce à quoi les gouvernements d’union nationale récemment mis en place se destinent. Ils n’ont d’ailleurs pas d‘autre ambition et se sont créés pour respecter cette exigence et non celle de l’intérêt général.

Le peuple ne s’y trompe pas qui était dans les rues hier en Italie et en Grèce pour dénoncer ces« gouvernements des banques ». Ils étaient des milliers à Rome, Milan, Palerme et encore des milliers à Athènes, Thessalonique et dans toutes les grandes villes grecques. Mais les gouvernements d’application des diktats du FMI et de l’UE restent sourds aux appels à défendre la démocratie. En Italie il n’est même pas sûr que le peuple ait droit aux élections anticipées qu’il réclame. 

Ne les laissons pas usurper la démocratie aux grecs et aux italiens sans rien dire. Partout en Europe le peuple doit reprendre sa place, n’en déplaise à la Commission européenne, à la BCE, au FMI et aux partis politiques qui les soutiennent et se coalisent pour appliquer leurs diktats.

Céline Meneses

 Secrétaire internationale aux questions européennes

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