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Après les élections législatives au Maroc

Mardi 29 Novembre 2011
  Christophe Ventura

maroc290311

Au Maroc, les élections législatives anticipées du 25 décembre ont placé largement en tête la formation islamiste du Parti de la justice et du développement (PJD). Avec 30% des suffrages exprimés, le PJD emporte plus du quart des 395 députés élus. Selon la constitution le roi devra choisir le premier ministre au sein de celui-ci. Après la victoire d’Ennahda en Tunisie le 23 septembre dernier, et quoi que dans une proportion moindre, c’est la seconde victoire électorale remportée par une formation islamiste dans le monde arabe en deux mois.

Cette victoire semble avoir été obtenue sans fraude manifeste, mais la proportion d’abstentionnistes (55% des inscrits), en diminution par rapport aux législatives de 2007, demeure remarquablement forte, surtout si on la rapporte à la forte proportion d’électeurs potentiels non-inscrits (environ 40%). La faible participation électorale constitue un échec pour le pouvoir royal, qui avait appelé à une participation massive de la population, pour signifier son appui aux changements, à vrai dire cosmétiques, apportés à la nouvelle constitution octroyée par le roi le 1er juillet sans véritable concertation.

L’abstention aurait pu être encore plus forte si le Mouvement du 20 Février et les forces de la gauche radicale qui se battent courageusement pour des réformes de fond en matière de démocratie et de justice sociale depuis le début de la contestation au Maroc n’avaient subi une répression féroce pour avoir préconisé le boycott.

Le Parti authenticité et modernité, créé sur mesure pour soutenir le roi, n’arrive qu’en 4ème position et subit un échec particulièrement cuisant.

Ces élections ne résolvent aucun des problèmes posés au Maroc. Le PJD ne pourra ni ne voudra assumer seul les réformes de fond que réclame le peuple et qui ne se confondent nullement avec l’instauration d’un ordre moral bigot et conservateur. La politique des alliances sans principe va continuer face à la contestation populaire, notamment celle de la jeunesse.

Dans cette conjoncture difficile, le Parti de gauche continuera de manifester sa vigilance et sa solidarité avec le Mouvement du 20 Février et les organisations de la gauche authentique, dans le combat qu’elles vont continuer de mener contre les menaces de régression et d’obscurantisme, et pour l’émancipation du peuple marocain

Christophe Ventura,
Secrétaire National aux initiatives internationalistes.


 

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