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Celac : Quand L’Amérique latine fait bloc pour son émancipation !

L’Amérique latine vient de franchir un nouveau cap vers l’intégration régionale. Le premier sommet de la Communauté des États d’Amérique Latine et des caraïbes (CELAC) s’est tenu les 2 et 3 décembre 2011 à Caracas (Venezuela).
La CELAC a pour vocation de déplacer le curseur géopolitique de Washington vers l’Amérique Latine. La seule organisation qui jusque-là faisait figure d’arbitre entre les pays d’Amérique Latine et au sein même de ces pays est l’Organisation des États Américains fondée en 1948 (OEA). Le problème est que l’OEA est un organisme fortement influencé par la politique extérieure des Etats-Unis dans le contexte de la guerre froide. Depuis lors, c’est l’OEA qui envoie des observateurs pour superviser les processus électoraux, elle encore qui distribue les bons et mauvais points en matière de respect des droits humains à travers la Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH), tout cela en regard des intérêts nord-américains dans la région. Il suffit de se souvenir que c’est l’OEA qui a soutenu l’exclusion de Cuba en 1962 (réintégrée en 2009) puis l’embargo contre l’île (toujours en vigueur), l’OEA qui a légitimé la mascarade électorale en 2008 après le Coup d’Etat contre Manuel Zelaya au Honduras et gardé un silence coupable sur l’instauration de tant d’autres dictatures en Amérique latine.
Cette entité régionale que sera la Celac s’inscrit dans le droit fil de l’Alternative Bolivarienne des Ameriques (Alba) créé en 2004 et de l’Union des Nations Sud-Americaine (Unasur) créé en 2008. La Celac réunit 32 pays d’Amérique latine ainsi que les micro-États insulaires de langue anglophones (550 millions d’habitants), laissant a la marge les États-Unis et le Canada, Il s’agit d’un processus politique important pour l’affranchissement de l’hégémonie nord-américaine dans cette partie du monde.
L’objectif est double : accélérer le processus d’intégration régionale et lever un bouclier politique, économique et financier contre les directives du FMI et de la Banque Mondiale qui saignent actuellement nombre de pays européens. Alors que la directrice du FMI, Christine Lagarde, est en "visite" pour rencontrer entre autres les Présidents péruvien, Ollanta Humala et mexicain, Felipe Calderón, les pays d’Amérique Latine s’apprêtent donc a consolider les propositions de la gauche non-libérale, celle qui ne pliera les genoux devant aucune espèce de Troika, devant aucune invective du FMI qui en Europe et ailleurs dit soutenir les États quand elle est la corde qui soutient le pendu.
Ce projet, pourtant marqué par le pluralisme politique, a été initié par les dirigeants de la gauche progressiste, pour s’émanciper du libéralisme économique et retrousser leurs manches pour faire bloc face aux tentatives coercitives des marchés. Les marchés agitent en effet la dette des États comme un épouvantail dans le but de justifier d’injustifiables mesures libérales en Colombie, au Chili, au Mexique et ailleurs. Force est donc de constater qu’il ne s’agit en rien d’un bloc monolithique puisque deux perspectives s’opposent. Pour les gouvernements les plus progressistes comme l’Equateur, La Bolivie, le Venezuela, le but est que la CELAC remplace à terme l’OEA, en se dotant non seulement de ses propres mécanismes de coopération économique mais aussi de sa propre cour de justice en lien avec l’ONU, comme le suggère l’Equateur.
La déclaration de Caracas, issue de ce premier sommet repose sur trois axes principaux : l’indépendance économique et politique, l’intégration régionale pour la paix et la lutte contre la pauvreté et le renforcement de la coopération Sud-Sud.
La Celac est un donc un signal fort que la gauche progressiste d’Amérique latine envoie a toutes les forces politiques de gauche du monde, résister a l’impérialisme et à l’atlantisme, aux diktats des marchés, unir nos forces pour la souveraineté populaire, c’est possible, c’est donner aux peuples la place qui leur revient de droit.






