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Les urnes viennent à vous !

Les « crieurs du métro » ont repris du service pour défendre la poste en organisant un bureau de vote mobile dans les rames du métro parisien...
Vendredi 2 octobre, 9h. Derniers calages au café et la joyeuse équipe militante parisienne du Parti Gauche se lance pour la dernière opération de la semaine « Les urnes viennent à vous ! ». Porte de Montreuil, les militant-e-s entrent dans la première rame. C’est parti, le premier crieur se lance aux côtés d’un autre militant tenant une belle urne transparente, tandis que 4 autres militants se répartissent dans le wagon. « Bonjour, c’est le Parti de Gauche ! C’est pour un sondage matinal, vous êtes contents que Sarkozy privatise la poste ? » « Non !!! » répondent en cœur les compères badgés devant les voyageurs surpris, intrigués et amusés. « Et Sarkozy, il vous a demandé votre avis ? » Non, évidemment.
On explique le déroulement du vote et chacun s’affaire à distribuer les bulletins de vote et à présenter les listes d’émargement. A la différence de la première criée du début de la semaine, certains nous disent avoir déjà voté dans leur entreprise ou sur un marché. Les citoyens semblent beaucoup plus au courant de l’organisation de cette votation citoyenne. L’accueil est toujours aussi sympathique ; les voyageurs parlent entre eux ; ils se prêtent le stylo et ajoutent leur commentaire : « C’est bien ce que vous faites ! » « C’est vrai c’est pas normal ! » « Vous croyez qu’on va réussir à l’en empêcher ? »...
3 stations plus tard, l’équipe sort de la rame pour rentrer dans le wagon d’après. On affine de nouveaux arguments. « Vous trouvez pas qu’on attend de plus en plus au guichet à la poste ? Mais vous savez, c’est que depuis 2002 ils ont supprimé 50 000 emplois à la poste ! » « Et en Suède, ils ont privatisé la poste. Résultat le timbre a augmenté de 90%. Vous voulez la même augmentation en France ? » Le « Non !» des compères est repris par quelques voyageurs. Et ça discute. Une femme nous parle de France Télécom et des conséquences de la privatisation. Quelqu’un dit ne pas avoir d’avis sur la question mais son voisin de strapontin lui parle du rôle de l’Europe et de ses directives libérales dans l’affaire. Et là encore on se raconte l’émission vue sur Arte où l’on voit des postiers refuser de vendre systématiquement les « packs » plus cher en cas de déménagement pour faire suivre le courrier alors qu’un formulaire basique et moins cher existe... Anonyme le métro ? Pas ce matin ! Les citoyens ne s’intéressent pas à la politique ? Faux, dès qu’on leur en donne l’occasion, ils se passionnent pour le débat !
« A voté ! » En une heure de temps, de rame en rame, 140 personnes ont participé à la votation. Si Sarkozy avait organisé un référendum, au vue de l’ambiance dans le métro, le résultat aurait été pour le « Non » de façon écrasante. Pour les militants, ce fut une belle expérience. Une autre façon de militer, d’être en contact direct avec les citoyens qui vont au boulot, de faire un travail d’éducation populaire non sans humour et sur un sujet si essentiel : Un service public comme la poste, c’est qu’on a quand on n’a plus rien. Ca nous appartient, ça relève de l’intérêt général. Le sacrifier pour des intérêts privés est scandaleux.
« Et la poste est à qui ? La poste est à nous ! »
Danielle Simonnet
Conseillère de Paris
Membre du Bureau National du PG
Animatrice du PG sur Paris






