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Travailleurs sans-papiers : ils luttent toujours ici! Soutenons les !

On les avait quittés le 18 juin à la Bastille où, après 8 mois de grève, les travailleurs et travailleuses sans-papiers avaient installé leur dernier « piquet de grève » symbolique devant l’Opéra pour exiger des critères de régularisations valables sur tout le territoire. Ce jour-là la délégation syndicale de retour d’une énième négociation avec les ministères du travail et de l’immigration avaient de bonnes nouvelles : un texte acceptant l’essentiel de leurs revendications. La joie avait été à la hauteur de cette lutte qui restera dans les annales du mouvement social.
Un peu moins de quatre mois après on pourrait se dire heureux de retrouver ces visages qui nous sont désormais familiers. Il est vrai que les militants et élus du PG que nous sommes ont contribué de toutes leurs forces à cette lutte : sur place le plus vite possible dès l’installation d’un piquet, dès le moindre risque d’expulsion, dès la moindre manifestation de solidarité à effectuer. Danielle Simonnet, conseillère de Paris, et moi-même avons essayé de faire honneur à notre écharpe tricolore en la plaçant souvent entre les forces de l’ordre et les grévistes. Oui cette lutte a suscité une fraternité de combat rare que ce soit avec les grévistes mais aussi les figures emblématiques du groupe des 11 (les syndicats et associations qui les soutiennent) avec qui, je crois pouvoir le dire, nous avons marché main dans la main sans jamais évidemment chercher à dépasser notre rôle de soutien.
Donc oui du plaisir à les retrouver mais surtout de la rage. Car si depuis jeudi matin 600 d’entre eux occupent la cité de l’immigration, Porte Dorée à Paris, c’est que le gouvernement n’a pas tenu ses promesses concernant les grévistes quasiment exclus des régularisations en cours. Comment considérez cette provocation ? Une revanche contre ces 6804 grévistes qui ont mené cette lutte historique ? (je tiens ce chiffre de mon camarade Raymond Chauveau, coordinateur avec Francine Blanche de cette lutte à la CGT, qui tient à être précis et il a raison car il n’entend en laisser aucun en dehors de l’accord). Une culture de la négation qui sévit déjà avec les infirmiers-anesthésistes que leur Ministre refuse de recevoir ou, plus largement, avec le mouvement sur les retraites ? Comme si refuser de négocier finirait par éliminer l’objet même du conflit... Mais quelque soit la raison, c’est raté. Les travailleurs en grève sans-papiers sont là depuis des années, vivent ici, travaillent ici, cotisent souvent ici (ou pour ceux qui travaillent illégalement ne demandent qu’à cotiser ce qui, pour Bernard Thibaud venu les soutenir jeudi, bénéficierait à hauteur d’un milliard d’euros par an à la caisse des retraites !) et luttent ici dont ils restent ici ! Ce mouvement est désormais à la charnière de deux revendications. Cela reste d’abord et avant tout un mouvement social : comme n’importe quels grévistes, ils demandent avec leurs organisations syndicales un protocole clair pour sortir du conflit : plus des paroles mais des preuves concrètes de la régularisation en cours de tous les grévistes. Mais bien sûr depuis les « sorties » cet été de Sarkozy et ses complices Hortefeux et Besson ont ne peut s’empêcher de relier leur lutte à celle contre le projet de loi Besson qui non seulement a pour ambition de fissurer un peu plus le droit du sol mais aussi de criminaliser la situation de ces milliers de travailleurs sans-papiers. Les soutenir dans leur mobilisation exemplaire c’est donc également mettre le doigt où ca fait mal : ces travailleurs sont là parce qu’en réalité notre pays a besoin d’eux, économiquement, politiquement ou pourrait presque dire philosophiquement tant la grandeur de notre république n’a jamais été aussi forte que lorsqu’elle a su tendre à l’universel, généreuse et accueillante, terre d’immigration s’il en est et riche de l’être.
Mais revenons au soutien qu’attendent les occupants de la cité de l’immigration. Depuis jeudi donc tous ceux qui soutenaient cette mobilisation se sont de nouveau regroupés dans le 12ème. Dès ce premier jour nous nous sommes retrouvés nombreux : des élus, des militants et responsables des partis de gauche, Bernard Thibault je l’ai dit que j’ai eu le plaisir du coup de saluer et de féliciter pour l’action de ses camarades dans cette lutte, les associatifs comme Marylin Poulain d’Autre Monde, fidèle au poste et si efficace depuis le début, Emmanuel Terray de la LDH, Richard Moyon de RESF, Catherine Lebrun de Solidaires, Brigitte Cerf de la FSU (j’arrête je vais en oublier et ce ne serait pas mérité tant beaucoup, y compris plus anonymes font honneur à la gauche française en ne comptant pas leur temps et leur force pour ce conflit). Depuis cela s est poursuivi. Mais il faut faire plus encore car nous sentons bien que ce gouvernement n’entend que le rapport de force. Les journées de mobilisation sur les retraites du 12 et du 16 (où un gros point fixe est prévu à Paris pendant la manifestation par les organisations qui protestent contre le projet de loi Besson) doivent être l’occasion de sensibiliser l’opinion sur cette lutte. Tous les partis de gauche doivent y prendre leur part. Beaucoup l’ont d’ailleurs déjà fait mais nous sommes certains qu’une action unitaire fera plus de bruit encore. Voilà pourquoi samedi 9 octobre Danielle Simonnet et moi-même avons, au nom du PG, et avec l’aval des occupants de la cité, envoyé une lettre à tous les partis de gauche pour un meeting unitaire sur place jeudi 14 à 19 heures. Lundi une délégation est reçue au ministère de l’immigration : nous espérons quelle obtiendra satisfaction ce qui permettrait de lever l’occupation. Mais si ce n’est pas le cas nous espérons que tous les partis répondront positivement à notre proposition. En attendant nous ne pouvons qu’appeler toutes les citoyennes et les citoyens à se rendre au Musée de l’immigration qui, du coup, n’a jamais écrit l’histoire de l’immigration de façon aussi vivante et efficace.





