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« Le machisme tue tous les jours, le feminisme n’a jamais tué personne »

Une loi obtenue de haute lutte
En novembre 2006, le Collectif national pour les Droits des Femmes publie une « proposition de loi-cadre relative à la lutte contre les violences à l’encontre des femmes ». Déposée au Sénat et à l’Assemblée Nationale en décembre 2007 par le groupe GDR et le groupe CRC,dont font partis les élu-e-s du parti de gauche, il faut attendre décembre 2008, suite à une pétition signée par plus de 16 000 citoyen-NE-s, pour que le Président de l’Assemblée Nationale, Bernard Accoyer, nomme une « Mission d’évaluation de la politique de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes ». Celle-ci finit par déposer le 27 novembre 2009 une proposition de loi « renforçant la protection des victimes et la prévention et la répression des violences faites aux femmes ». Votée à l’Assemblée Nationale, elle ne figure pas dans un premier temps à l’ordre du jour du Sénat. Suite à une nouvelle mobilisation citoyenne, le Sénat se résout à la voter tout en la « rabotant ».
La loi promulguée le 9 juillet 2010 n’est donc pas la reprise fidèle de la proposition de loi cadre du CNDF . Néanmoins, même amoindrie, elle permet aux femmes victimes de violence de s’appuyer sur un certain nombre d’acquis.
Des associations en danger
Les associations qui luttent au quotidien depuis des années contre les violences faites aux femmes et qui ont été à l’origine de la loi doivent avoir les moyens de mener leur mission. En effet, assurant des délégations de service public, les associations féministes, dont les subventions ne font que décroître, se doivent désormais de répondre à des appels d’offre et sont soumises à la concurrence avec le privé. C’est nier le travail de terrain effectué depuis des années, leur expertise et leurs savoir-faire. Les violences faites aux femmes ne peuvent être gérées de manière comptable, et soumises comme l’ensemble des services publics d’ailleurs, à la question de la rentabilité. Nous ne pouvons plus accepter ce mépris des associations féministes ! Face au désengagement de l’État, défendons les et soutenons les pour qu’elles retrouvent pleinement leurs capacités d’action financière et politique !
Un comité de vigilance indispensable
Le Parti de Gauche soutient la mise en place d’un comité de vigilance créé à l’initiative du CNDF et des parlementaires. Ce comité composé des associations féministes qui luttent contre les violences faites aux femmes mais aussi de juges, d’avocats aura pour mission de contrôler l’application financière de la loi du 9 juillet. Ne soyons pas dupe, cela ne serait pas la première fois que le gouvernement s’appuie sur un effet d’annonce comme en témoigne, par exemple les différentes lois sur l’égalité professionnelle qui n’ont en rien réduit les inégalités de salaires entre femmes et hommes,. Alors pour ce faire, le Parti de Gauche surveillera la mise en place de ce comité et veillera à sa juste application dans l’attente d’une amélioration de la loi.
La honte doit changer de camp !
Les trois associations Osez le féminisme, Collectif Féministe Contre le Viol et Mix-cité ont, quant à elles, lancé une campagne nationale intitulée « Viol : La honte doit changer de camp ». Soutenue par une centaine de personnalités publiques et illustrée par 3 spots réalisés par Patric Jean, cette campagne veut lever le silence sur le viol en dénonçant les idées reçues. Un site internet, www.contreleviol.fr, a été ouvert pour dénoncer ce dramatique fait de société, comptant au moins 75 000 victimes en France par an, et pour appeler à soutenir une pétition qui a recueilli en une journée 9000 signataires.
La prévention des violences reste le parent pauvre:
La lutte contre les violences faites aux femmes ne peut se limiter à des mesures répressives. Il est indispensable en amont de mener une véritable bataille contre le sexisme et la domination masculine. Le Parti de Gauche propose ainsi de
- Former à l’approche en terme de genre les enseignant-es, les travailleurs sociaux, les acteurs de la formation professionnelle
- Promouvoir une culture de l’égalité.
- Intégrer aux programmes scolaires la problématique de l’égalité femme-homme.
- Condamner les publicités véhiculant une image sexiste de la femme par la création d’une loi cadre sur le modèle des lois anti-racistes,
Renforcer les dispositifs de prise en charge des femmes victimes de violences dès l’accueil dans les commissariats par des personnels formés à cet effet.
Par ailleurs, nous devrons veiller à la mise en place d’un nombre suffisant de lieux d’accueil adaptés (soutien psychologique, juridique) et à l’augmentation du nombre de logements dédiés aux femmes victimes de violence.
Quelques chiffres :
En France, une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint.
- 1 femme sur 10 est victime de violence
- 1 femme sur 6 se plaint de pressions psychologiques au travail
- 1 femme est violée toutes les 7 minutes
- 60% des enfants témoins souffrent de stress post-traumatique.
- 70 000 adolescentes entre 10 et 18 ans sont potentiellement menacées de mariage forcé
(en IDF et dans 6 départements, source GAMS)





