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Le FN déferle sur la rive droite

En obtenant 15,56% des suffrages (soit 19,18% si on reporte ce chiffre aux seuls cantons où le FN avait présenté des candidats) le parti de Marine Le Pen obtient son meilleur résultat en pourcentage à une telle élection. En 2004, il avait rassemblé 12,13%, et jusque là, son année record était 1998 avec 13,65% des voix au premier des élections cantonales.
Au vu des résultats, il importe de tordre le coup à une analyse superficielle qui explique cette situation par un nouveau glissement d’un électorat populaire, jadis de gauche, qui voterait à présent FN. Cette progression de l’extrême droite se fait d’abord et avant tout au détriment de la droite en général et de l’UMP en particulier. C’est très net dans de nombreuses villes où le FN réalise des percées. A Perpignan, par exemple, il progresse de 9 points passant de 17,5% à 26,59% alors que l’UMP dégringole de 11 points rétrogradant de 33,71% à 22,77%. A Béziers dans l’Hérault, ville détenue depuis trois mandats par l’UMP, les candidats sarkozystes obtiennent 13% alors que ceux du FN montent à 34,52%. En 2004, l’UMP obtenait plus de 27% et le FN 24,5%. Tel des vases communicants, l’un à donc perdu 14 points quand l’autre progresse de près de 10. A Marseille, sur les 11 cantons renouvelables, le FN obtient 30,34% de moyenne contre seulement 19,89% pour l’UMP qui recule de 6% alors que le FN progresse de 8. On retrouve les mêmes genres d’exemples dans tous les coins de France. Le FN profite des lourds décrochages de l’électorat populaire de droite et en capte une partie qui se radicalise. On ne retrouve pas de tels phénomènes électoraux dans les départements traditionnellement de gauche où l’on assiste à une progression du Front de Gauche.
Si le FN progresse indiscutablement en pourcentage, il convient tout de même d’observer qu’il est lui aussi touché par l’abstention et recule de 165 000 voix par rapport à l’élection de 2004. Ceci illustre que la progression de Marine Le Pen n’a rien "d’irrésistible". Le FN se nourrit essentiellement de la crise de la droite, mais aussi et surtout de l’abstention qui découle en partie de la crise de la gauche. Dimanche dernier, son score ne représentait que 6,70% des électeurs inscrits. L’extrême droite progresse mais est encore loin d’avoir conquis le cœur du peuple. Attention au trompe-l’œil.





