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Sarkozy est tombé dans le piège ivoirien

C’est dans ce contexte que Nicolas Sarkozy a choisi d’engager les forces françaises, certes à la demande des nations unies, dans un combat direct contre Laurent Gbagbo. Trop influencé par ses liens personnels avec Ouattara, le président français tombe ainsi dans le piège tendu par un Gbagbo encerclé et désormais prêt à mourir en martyre, comme l’indique le mysticisme évangéliste dont il use. Il tire en effet sa légitimité auprès des « jeunes patriotes », qu’il a massivement armés ces derniers jours, d’une rhétorique anti-colonialiste qui tend à masquer sa collusion réelle avec les milieux d’affaires hexagonaux. Le choix d’une intervention directe des forces françaises sera lourd de conséquences, et il n’est pas acceptable d’imposer Ouattara par la force des armes françaises. La prudence aurait été de consacrer intégralement la force Licorne à la stricte défense des civils d’Abidjan, et le cas échéant à l’évacuation des français en faisant la demande.
Le Parti de Gauche exprime sa vive inquiétude et en appelle à un cessez-le-feu immédiat, ainsi qu’à des négociations essayant de sortir du face-à-face Gbagbo-Ouattara. Il propose que dans un avenir proche, les forces françaises soient remplacées par une véritable force multinationale sous commandement de l’ONU. Cette dernière devra aider à la difficile refondation de la communauté nationale ivoirienne, par-delà les clivages fabriqués et manipulés depuis 15 ans.. Ceci suppose notamment entre autres de créer une véritable commission d’enquête pour que les massacres commis ne restent plus impunis, quels que soient leurs auteurs. Enfin, afin de donner tout son poids à l’ONU, en Afrique sub-saharienne comme ailleurs, il faut que la communauté internationale cesse à terme sa désastreuse politique du deux poids deux mesures, en choisissant de s’impliquer ou non selon des critères ambigus.





