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Les collectivités dans la nasse des marchés

Mardi 6 Décembre 2011
  Claire Mazin

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Avant la crise de 2008, les collectivités territoriales contractaient quasiment la totalité de leurs emprunts auprès des banques. Or, à l’heure actuelle, les banques ne répondent plus aux appels d’offre des collectivités qui, du fait de la crise, ont besoin de davantage d’argent encore qu’en 2008. Ou alors, elles proposent des taux d’intérêt deux fois supérieurs à ceux des marchés. Par conséquent, de plus en plus de collectivités, surtout les régions, lancent des emprunts obligataires sur les marchés financiers. Alors que la crise actuelle nous a montré la faillite des marchés, comment cela est-il possible ?

D’une part, avant 2008, les banques offraient des taux d’intérêt assez bas aux collectivités parce qu’elles leur vendaient à côté des produits structurés qui ont conduit à des taux d’intérêt de 16 ou 18%. L’interdiction des produits structurés a entrainé le désintérêt de la majorité des banques pour le prêt aux collectivités territoriales, qui ne sont plus assez rentables pour leurs exigences.

D’autre part, les banques considèrent que les collectivités territoriales risquent d’avoir des dépenses plus importantes dans les années à venir du fait de la crise, et donc elles leur font porter le risque d’un défaut éventuel en pratiquant des taux d’intérêt élevés.

Les régions Ile de France, Auvergne, Pays de la Loire, Rhône Alpes et Limousin notamment ont donc lancé des emprunts sur les marchés financiers. Ces opérations supposent d’être notées par des agences de notation ! Or, ces notations sont censées estimer la capacité des collectivités à rembourser l’emprunt qu’elles contractent. De fait, les investissements seront donc considérés comme des opérations dangereuses pour la solvabilité des collectivités, du point de vue des marchés. Les agences menaceront donc de dégrader la note des collectivités qui investissent sur leur territoire, comme elles dégradent la note des Etats qui relancent l’activité économique.

Les banques qui ont été sauvées par de l’argent public ne peuvent plus se gaver grâce aux produits structurés et donc refusent de prêter aux collectivités. C’est inacceptable. Le contrôle social du crédit et la création d’un pôle public bancaire les forceraient à le faire, et éviteraient que les collectivités soient contraintes d’aller directement sur les marchés se jeter dans la gueule du loup.

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