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François Bayrou, champion de l’austérité
Pour François Bayrou, « la crise est la crise de la dette des Etats » et « ce sont les Etats laxistes qui ont planté les banques ». Son programme est cohérent avec cette analyse libérale. Il appelle à un plan de rigueur de 100 milliards d’euros. Soit cinq fois plus que les deux premiers plans d’austérité annoncés par François Fillon en août et novembre. Sur ces 100 milliards d’euros, Bayrou veut en trouver 50 par des baisses de dépenses publiques. Mais bien sûr, il ne précise pas où il les infligerait. Le pire est donc à craindre. Dans le même temps, il propose une hausse générale de la TVA de deux points. Là encore, il fait pire que l’UMP qui propose une hausse de TVA mais en compensation d’une baisse de cotisations sociales.
Quant à la méthode, on ne voit pas de différence avec Sarkozy. Il appelle a « imposer des dispositifs aux Etats de l’UE » et à leur adresser « des injonctions pour qu’ils fassent le nécessaire pour retrouver leur équilibre » budgétaire. L’Europe austère et autoritaire lui convient parfaitement. Il n’y a rien d’étonnant à cela puisqu’il se vante d’avoir été le premier à proposer la règle d’or, ce carcan qui brime à la fois l’activité et la souveraineté populaire.
Si on doute encore du danger que représenterait sa politique pour le peuple, il suffit de s’intéresser aux références qu’il emploie. Pour lui « il faut faire en France ce que les Allemands on fait avec l’agenda 2010 », c’est-à-dire précariser les salariés, réduire les indemnités des chômeurs, les obliger à accepter n’importe quel emploi même payé un euro par heure, développer la retraite par capitalisation etc. D’ailleurs, François Bayrou ne s’en cache pas. Il veut « assouplir le droit du travail » et « développer la retraite par points, à la carte, individualisée ».
Mais le plus inquiétant n’est sûrement pas Bayrou lui-même. C’est la volonté du PS et d’EELV de s’allier avec lui. Hollande est prêt à constituer une « majorité présidentielle » et même à « gouverner » avec lui à la seule condition qu’il appelle à voter PS au deuxième tour. Quant à Eva Joly, elle considère que Bayrou « a raison » et que « réunir nos forces à la fin, c’est une nécessité ». Plus que jamais, le Front de Gauche est la seule assurance anti-Bayrou, le seul vote anti-austérité.





