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Devant l’écran, place au peuple !

Samedi 17 Décembre 2011
  Maxime Prieto

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L’idée paraît simple et pourtant personne n’y avait pensé auparavant. Utiliser la télévision, média de masse souvent décrié, pour rassembler les citoyens et libérer leur parole. Transformer une activité passive de consommation de spectacle en une expérience politique où l’image derrière l’écran n’est plus vecteur de domination mais support au débat. Un procédé qui peut s’annoncer terriblement subversif.

Car malgré le succès fulgurant d’Internet, la télévision reste la première source d’information politique pour les Français. Qu’on le veuille ou non, les Français conservent un rapport familier avec la petite lucarne. Presque chaque foyer en possède au moins une. Et la télévision a encore ce pouvoir de réunir au même moment plusieurs millions de personnes devant un écran. Dans une société en manque d’expériences communes, ce n’est pas à ignorer.

Deux interventions télévisées de Jean-Luc Mélenchon ont été l’occasion d’organiser des premières séances d’écoutes collectives. La première, lors du passage du candidat Front de Gauche à l’émission Parole directe à l’issue du 20h de TF1 en octobre s’est essentiellement déroulée en Île-de-France. La seconde, le 12/13 de France 3, offrait l’avantage d’un horaire plus commode : le déjeuner dominical. Ainsi dans environ quatre-vingt localités, des « buffets de campagne » ont pu être organisés par les militants du Front de Gauche. Dans un bar, dans un restaurant, dans une salle municipale, dans un appartement, quel que soit l’endroit il aura suffi d’une télévision, d’un peu de chaleur humaine et de quelques animateurs pour que le débat soit lancé. Pour l’anecdote, à Grenoble, la motivation était telle qu’on s’est contenté du petit écran d’un smartphone après que le téléviseur ait rendu l’âme.

Le contenu des échanges varie selon les villes et les participants. A Reims, la présence de socialistes en rupture de parti a contribué à discuter de l’avenir du PS et de la gauche. En Saône-et-Loire, au lieu-dit « le Morlay », ce sont des militants Verts qui ont partagé leur effarement après l’accord EELV-PS. Mais comme ailleurs, au Mans ou à Rennes par exemple, les grands enjeux tels que la planification écologique ou la redistribution des richesses ont été largement abordés. En fait, aucun sujet n’est écarté : les indignados de Wall Street et de Madrid, la nécessité de s’inscrire sur les listes électorales, la crise de l’euro, l’influence des médias, le salariat, etc. : chacun a le droit de prendre la parole.

Même dans une toute petite commune comme Ytrac, dans le Cantal, les buffets du Front de Gauche ont fait recette : quarante personnes, autant que dans le quatorzième arrondissement de Paris ! Proportionnellement à la taille de la commune, les cantalous sont les meilleurs pour l’instant.

A chaque fois, les participants ont remercié les organisateurs pour l’initiative. On ressent chez les citoyens une envie de s’exprimer publiquement, une soif de comprendre les enjeux actuels et de découvrir les solutions que propose le Front de Gauche.

L’expérience des écoutes collectives se répétera durant toute la campagne, et espérons-le au-delà. Contrairement aux campagnes des candidats institutionnels, les portes du Front de Gauche sont grandes ouvertes et chacun est le bienvenu pour apporter son grain de sel. Qu’on se le dise, la première condition d’un succès pour le Front de Gauche sera cette implication populaire.

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