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Quand la social-démocratie démissionne au niveau européen

Mardi 5 Mai 2009
  Laurent MAFEIS

Quand la social-démocratie démissionne au niveau européen


 Co-gestion du Parlement européen par le PSE avec la droite : 80 % des textes adoptés au Parlement européen sont votés en commun par le PSE et la droite. D’ailleurs la droite n’a pas de majorité à elle seule, sans l’appoint du PSE. Cela signifie que toutes les directives de libéralisation sont passées avec l’appui total ou partiel du PSE.

 Soutien à la Commission européenne avec la droite : la Commission Barroso a été investie en 2004 par le PSE au Parlement européen. Plusieurs commissaires du PSE en font d’ailleurs partie, à commencer par les 2 premiers vice-présidents de Barroso : la suédoise Margot Wallström membre du parti social démocrate suédois (chargée des institutions) et le social-démocrate allemand Günter Verheugen (chargé des entreprises et de l’industrie !).
Il y a 6 commissaires sociaux-démocrates, et pas des moindres. Les partis poids lourd de la social-démocratie européenne ont un commissaire européen et tiennent des secteurs clefs de la politique libérale de la commission :
-    Günter Verheugen commissaire chargé des entreprises et de l’industrie, vice-président de la commission, membre du SPD allemand
-    Margot Wallström commissaire chargée des institutions, vice-présidente de la commission, membre du parti social démocrate suédois SAP
-    Catherine Ashton, commissaire chargée du commerce, membre du Labour Party. C’est elle qui au nom de la commission défend le libre échange à tout crin notamment à l’OMC.
-    Joaquim Almunia, commissaire chargé des affaires économiques et monétaires, membre du PSOE espagnol. Il est chargé de faire la chasse aux déficits et de défendre le Pacte de stabilité et l’indépendance de la banque centrale.
-    Vladimir Spidla, commissaire chargé de l’emploi et des affaires sociales, membre du  parti social démocrate tchéque CSSD. Le bilan social de ce commissaire est invisible.
-    Laszlo Kovacs, commissaire chargé de la fiscalité et de l’union douanière, membre du parti social démocrate hongrois MSZP. On peut le remercier pour l’inaction de la commission en matière de dumping fiscal et l’impuissance douanière de l’Europe

Donc sur tous ces secteurs décisifs, social, emploi, commerce, entreprises et industrie, politique et monétaire, fiscalité, ce n’est pas Barroso que Martine Aubry devrait blamer mais les commissaires sociaux-démocrates qui mettent en œuvre la politique libérale de la commission dans tous ces domaines.

 Vote des directives de libéralisation : le PSE a voté en faveur de toutes les séries de directives de libéralisation et de dérèglementation du rail, de la poste, de l’électricité et du gaz.

 Soutien à l’alignement atlantiste de l’Europe : le PSE a directement soutenu le projet de grand marché transatlantique. C’est même un rapport de l’eurodéputée allemande SPD Erika Mann qui en avril 2006 a proposé au Parlement européen de se prononcer en faveur d’ « un marché transatlantique sans entraves en 2015 » et d’ « une ouverture anticipée des services financiers et marchés de capitaux en 2010 ». La quasi-totalité du groupe PSE, à l’exception des députés français et belges, ont ensuite approuvé en juin 2006 ces objectifs. Ce soutien du PSE a été renouvelé en 2007 et en 2008 où les eurodéputés socialistes français ne se sont même pas opposés à une résolution sur le Conseil économique transatlantique adoptée le 8 mai 2008. L’engagement atlantiste et pro-OTAN du Parlement européen s’est encore accru avec le vote d’une résolution le 26 mars 2009, toujours avec l’appui du PSE et notamment le vote pour des députés socialistes français.

 Défense du Traité de Lisbonne : c’est à l’initiative du gouvernement social-démocrate de Zapatero que s’est réuni à Madrid en janvier 2007 un conglomérat des gouvernement favorables au Oui à la Constitution européenne pour imposer à l’Union européenne de passer outre les votes non des peuples français et hollandais. De plus, les députés européens du PSE ont massivement voté le 20 février 2008 en faveur du Traité de Lisbonne qui enterre le vote populaire des Français de 2005.

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