ARGUMENT •

LIRE TOUS LES ARGUMENTS


Quand Cohn-Bendit défendait le Oui avec la droite ... contre Bové et les Verts !

Mardi 5 Mai 2009
  Laurent MAFEIS



Cohn-Bendit avait théorisé en 2005 que « le oui n’a pas d’odeur » et pouvait donc être défendu aussi bien avec la droite, le gouvernement UMP ou George Frêche. « Le bulletin de vote oui n’a ni odeur, ni couleur et il est absurde de parler d’un oui de gauche ou de droite. » « Nous avons intérêt à faire campagne ensemble pour créer une dynamique en faveur du oui. Y compris avec l’UMP. » (Libération le 8 mars 2005)
A tel point qu’il a alors été interdit de campagne officiel par les Verts, pourtant favorables au Oui mais qui refusaient que leurs portes paroles participent à des meetings d’autres partis. Le seul meeting prévu le 29 avril 2005 par les Verts avec Cohn-Bendit et Voynet a même été annulé par le Parti écologiste.

Les meetings controversés de Cohn-Bendit :
- conférence commune avec le ministre UMP des affaires étrangères Michel BARNIER, le 9 mai 2005 dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne
- meeting commun avec Bayrou le 3 mai 2005 à la fac de droit de Nantes
- le 29 avril 2005, à Maraussan dans l’Hérault Bové et Cohn-Bendit s’affrontaient le même soir par meetings inerposés, Cohn-Bendit défendant ce soir là le oui aux côtés de Georges Fréche et de François Hollande, tandis que José Bové se disait «choqué qu’on puisse faire de la propagande en faisant voter les morts», à propos de la récupération de Jaurés organisée en faveur du Oui par le PS et Cohn-Bendit


Cohn-Bendit et la campagne des européennes 2009

Voici comment Cohn-Bendit a justifié le ralliement de Bové aux listes Europe-Ecologie le 9 septembre 2008 sur France Culture : « ceux qui ont été aveugles sur le Traité constitutionnel européen peuvent ouvrir les yeux ». Les listes Europe-Ecologie sont donc basées sur le reniement du vote Non de 2005.

Le refus de politiser l’élection et d’affronter Sarkozy : « Pas question de se laisser entraîner dans un combat franco-français pour ou contre la politique de Sarkozy. La réponse n’est pas nationale mais européenne » (Daniel Cohn-Bendit lors de la présentation des es têtes de liste le dimanche 15 mars au Cabaret sauvage.)



Daniel Cohn-Bendit dans le texte

Sur l’économie :
« je suis pour le capitalisme »

« Je suis pour le capitalisme et l’économie de marché »,
Une envie de politique, 1998 (La découverte)

"Votre question le capitalisme est-il moral ?, ne m’intéresse pas. Arrêtez ! Laissez ça aux curés ! Le souci des capitalistes, c’est de gagner et ils ont raison." »
Université d’été du Medef, 1er et 2 septembre 2000 à Jouy-en-Josas (relayé par le Figaro).


A l’inverse José Bové affirme (chat sur le site LeMonde.fr 27 mars 2009) :

« pour moi l’écologie n’est pas compatible avec le capitalisme »
« Europe-Ecologie, dénonce, à travers les crises actuelles, le modèle capitaliste dans ses dégâts sociaux et écologiques. »

« Si Renault peut produire moins cher en Espagne, ce n’est pas scandaleux que Renault choisisse de créer des emplois plutôt en Espagne. »
Une envie de politique, 1998 (La découverte)


Il n’est pas opposé à l’appel aux fonds privés pour ces établissements afin de créer de « véritables joint-ventures avec les entreprises » et ajoute que « naturellement, l’industrie participerait aussi à la définition des contenus de l’enseignement, contrairement à ce que nous disions en 1968 »
Une envie de politique, 1998 (La découverte)

« Je suis très ferme sur le déficit public. Par principe, tout écologiste conséquent doit être pour une limitation des dépenses publiques. »
Libération du 6 janvier 1999

« Des services comme le téléphone, la poste, l’électricité n’ont pas de raison de rester dans les mains de l’État. » « Il n’y a pas de raison qu’il existe un service public de télévision. »
Libération du 6 janvier 1999

« Il faut admettre que les machines travaillent sept jours sur sept, donc admettre le travail du week-end. »
« J’ai toujours été hostile aux horaires obligatoires d’ouverture des magasins »
Une envie de politique, 1998 (La découverte)
« Chacun demeure libre de rêver d’un monde sans marchés financiers internationaux, sans libéralisation des échanges, sans globalisation de l’économie. Mais que gagnerait l’Europe, et chacun de ses peuples, à s’inscrire dans cette nostalgie ? »
Petit Dictionnaire de l’Euro, publié avec Olivier Duhamel, 1998 (Le Seuil)

Sur la question des alliances :
« une tactique « à gauche toute » reviendrait à un non-sens politique »

Dès le 14 juin 2000, Cohn-Bendit cosigne un texte dans le monde avec Bayrou : « Pour que l’Europe devienne une démocratie »


« Cette approche n’est pas sans analogie avec l’écologie politique qui s’est instituée dans le dépassement du simple clivage droite-gauche et se fonde sur une compréhension nouvelle des problèmes qu’elle saisit dans leur complexité »
« Pour la candidate socialiste, la lucidité politique exige d’elle le refus de se laisser enfermer dans le manichéisme politique classique que voudrait lui imposer Sarkozy. »
« Il va sans dire qu’une tactique «à gauche toute» reviendrait à un non-sens politique. »
« Au Parlement européen, cette maturité politique a prévalu au moment où, avec les députés de Prodi, l’UDF s’est alliée au groupe des Libéraux européens. «
« Le vent du centre qui a soufflé sur cette campagne réussira-t-il à décomplexer la France et la gauche pour accepter une économie de marché selon des critères sociaux et écologiques acceptables de part et d’autre ? »
"Cours, camarade..." - Article paru le 26 avril 2007 dans le journal du dimanche


« Le Parti socialiste doit poursuivre la mutation désormais entamée et assumer clairement l’option sociale-démocrate qu’il a su esquisser durant cette campagne : accepter une mondialisation contrôlée qui puisse devenir, à l’instar de nos partenaires européens, une opportunité et pas seulement une menace. »
« La France a besoin d’une nouvelle coalition analogue à la coalition italienne de l’Olivier, où chacun trouve sa place. »
Non, tout n’est pas perdu... - tribune parue dans Libération du 7 mai 2007  - Par Daniel Cohn-Bendit,  Gabriel Cohn-Bendit, Jean-Yves Le Drian, Jean-Pierre Mignard, Joël Roman










- Sur les référendums -

« Il faudrait qu’un référendum ait des conséquences : si on dit non, on sort de l’Europe. »
« Les Irlandais ont tout obtenu de l’Europe et ils n’en ont pas conscience. C’est donc qu’il y a un problème. Visiblement, nous, Européens, n’arrivons pas à expliquer aux peuples ce que nous sommes en train de faire »
Entretien paru dans Le Monde du 10 juin 2009

« En 2005, on se gaussait du « non » à la constitution au nom des "lendemains qui chantent". Ces nonistes n’avaient probablement pas imaginé que les prestidigitateurs du "plan B" seraient aussi évanescents que leur plan ni même que, deux ans plus tard, la consultation référendaire relèverait des expériences traumatiques avec en prime le retour à la méthode intergouvernementale pour l’élaboration du traité »
« Le nouveau traité sera 100% illisible puisqu’il se présente sous forme d’amendements au Traité de Nice. »
« Il deviendra enfin possible de faire comprendre aux leaders britanniques, polonais ou néerlandais que le seul référendum qui vaille porte sur une question : Pour l’Union politique européenne ou pour la sortie? ».
L’éléphant rose de Ioannina. Article paru dans le Journal du Dimanche du 23 juin 2007


« Le Parti Communiste et Mélenchon sont des souverainistes et des nationalistes de gauche. »
« Si M. Mélenchon dort mieux en rêvant de moi en tant que quelqu’un de droite et bien qu’il le fasse ! »
« Vous voyez d’ailleurs que le Parti Communiste, Mélenchon, le NPA, toute l’aile souverainiste et nationaliste de gauche, n’arrivent pas à s’unir non plus. »
« Notre objectif est d’arriver à faire plus de 10% au niveau de la France. »
« Vous êtes tous malades de la France. C’est dangereux !  Parce que l’on parle Europe et l’on ne pense que France ! »
"Vous êtes tous malades de la France !" - Entretien avec Lyon Capitale le 15 janvier 2009  -



De ses conversations avec Bové, il tire la conviction que « ceux qui ont été aveugles sur le TCE peuvent ouvrir les yeux ».
Il rappelle sa bataille pour l’alliance à Hambourg avec la droite d’Angela Merkel.
Aux « Matins de France Culture », le 9 septembre 2008







- Diverses petites choses -


« Toute réglementation des médias est absurde. Je suis sur que le problème de la télévision se résoudrait par la concurrence. »
Libération du 22 mars 1983


Alain Madelin, président de Démocratie libérale : « Il est clair que sur certains sujets, comme les privatisations d’EDF ou des chemins de fer, la retraite par capitalisation, la concurrence et la sélection dans les universités, l’autonomie des établissements scolaires, Daniel Cohn-Bendit développe une approche libérale en contradiction avec le PS et les Verts. Puisse cette évolution permettre l’arrivée d’un libéralisme de gauche dans ce pays »
Le Figaro du 1er décembre 1998

« Les électeurs du Non ne sont pas tous xénophobes, mais une majorité le sont. »
Alain Liepietz sur son blog

PROGRAMME PARTAGÉ •

LIRE LE PROGRAMME

LEGISLATIVES •

LIRE TOUTES LES QUESTIONS