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Continental : le casino perdant du capitalisme

" Fermeture de l’usine Continental de Clairoix dans l’Oise. 1120 emplois supprimés. Et la direction de l’usine avait obtenu en 2007 des salariés de Clairoix qu’ils renoncent aux 35h et passent aux 40h sans gain de salaire [...] Pourtant, la même année, en 2007, Continental avait réalisé 1,02 milliards d’euros de bénéfices. D’ailleurs le commentaire du PDG du Groupe prouve combien "not’ bon maître" sait reconnaître les efforts. La direction a "apprécié" l’effort du personnel. Tel quel ! Malheureusement: "mais ça n’a pas suffi".
Et d’ailleurs, précise ce salopard : "Continental ne s’engage jamais sur les emplois". Les gens ont été sympa de ne lui jeter que des œufs ! Voyons la suite à présent. Cette année encore Continental a fait des bénéfices sur les pneus, n’en déplaise aux griots qui vont répétant la propagande patronale sur le refrain "moins d’automobiles vendues donc moins de pneus achetés". C’est vrai que Continental affiche en 2008 une perte financière de 1,22 milliards. Mais pas à cause des pneus vendus en moins. Le déficit est lié à l’acquisition hasardeuse de la filiale automobile de Siemens en 2008. Mais la branche pneu dégage quand même des bénéfices, eux-mêmes en augmentation. C’était il y a trois mois ! Le bénéfice d’exploitation de la branche pneu en 2008 a été de 984 millions d’euros. Le taux de marge de 11 %, a été le plus élevé des branches du Groupe. (...)
En fait le point de départ de la catastrophe actuelle ce n’est ni la crise du pneu ni celle de l’automobile. C’est le capitalisme de casino. En 2008, Continental a fait l’objet d’un rachat mouvementé par le groupe allemand Schaeffler par une OPA hostile. Cas d’école: le racheteur avait un chiffre d’affaire trois fois plus petit que celui de l’acquis ! Evidemment celui-ci a été incapable d’assurer le développement de l’entreprise. Et même pire. Schaeffler s’est endetté de 22 milliards d’euros. Un endettement pour racheter Continental via des emprunts à hauteur de 16 milliards. A l’époque, ce gigantesque coup financier a fait grand bruit en Allemagne, Elisabeth Schaeffler étant qualifiée de "veuve rusée" compte tenu de la manne boursière espérée de l’opération. Mais la crise a fait chuter la valeur des actions Continental! Et le montage de Mme Schaeffler la rusée s’est effondré. Rassurons nous, la veuve a de quoi voir venir, elle. Ce n’est pas comme ces manants qui fabriquent des pneus! Mme Schaeffler est en effet la 7ème plus grande fortune d’Allemagne. Elle fait partie des 100 personnes les plus riches du monde. Son patrimoine personnel est estimé à 8,5 milliards d’euros. Sans pitié, et sans toucher à son immense fortune personnelle, elle liquide maintenant Continental pour éponger le dégât de ses ruses foirées. "
Extraits du blog de Jean-Luc Mélenchon
www.jean-luc-melenchon.fr
Les réponses d’urgence du Parti de Gauche
Le Parti de Gauche formule des mesures énergiques dans son Plan d’urgence en 29 mesures. Les parlementaires du Parti de Gauche sont également en train de déposer à l’Assemblée nationale et au Sénat la déclinaison sous forme de proposition de loi du plan en 29 mesures du PG. Et notamment des mesures urgentes suivantes :
- Droit de veto suspensif sur les licenciements, les délocalisations, les restructurations, pour les représentants des salariés permettant l’examen de la situation de l’entreprise et des alternatives économiques possibles. Les salariés doivent pouvoir s’opposer aux décisions patronales arbitraires ; les actionnaires ne doivent pas pouvoir dicter unilatéralement leur loi.
- Contrôle administratif renforcé, appuyé sur une loi permettant d’interdire les licenciements abusifs sans justification économique sérieuse : licenciements boursiers, licenciements dans les entreprises largement bénéficiaires qui distribuent des dividendes, licenciements destinés à rehausser le taux de rentabilité du capital. Les effectifs de l’Inspection du Travail doivent être doublés pour assurer cette mission.
- Nationalisation de Total et création d’un pôle public de l’énergie avec EDF et GDF (dont il faut remettre en cause l’ouverture du capital). Un pôle public est le mieux à même d’améliorer l’indépendance énergétique de notre pays et de préparer les évolutions pour l’avenir : les milliards de profits de Total doivent servir au développement des énergies renouvelables.




