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Total : Une lutte sociale et écologique emblématique

Les salariés de l’usine Total de Dunkerque sont en grève depuis trois mois. Demain jeudi 15 avril, ce sont quatre des six raffineries de l’entreprise en France qui seront en grève contre le plan de casse sociale lancé par la multinationale de la pétrochimie.
Des bénéfices et des licenciements
Total a pourtant réalisé 8,5 milliards de bénéfices en pleine crise financière. Elle vient d’être condamnée une nouvelle fois pour la catastrophe de l’Erika, une des plus grandes catastrophe écologique de ces dernières années. Elle s’est également vu mettre en examen pour « corruption » et « recel et trafic d’influence » dans l’affaire de « pétrole contre nourriture ». Plusieurs dirigeants sont soupçonnés d’avoir versé des pots de vin à des responsables irakien pour obtenir du pétrole.
Alors que la crise laisse des milliers de gens sur le carreau, les portes paroles Total trouvent encore le moyen de s’insurger contre leur condamnation quand catastrophes sociales et fléaux écologiques viennent nourrir les profits des actionnaires et les cours de bourse.
Une lutte emblématique
Pour le Parti de Gauche, le combat des salariés de Total est exemplaire pour ses luttes contre les logiques financières incompatibles avec les solutions sociales et écologiques. Il est exemplaire dans la voie qu’il dessine pour toutes les luttes actuelles et futures montrant que les solutions sociales et écologiques de long terme sont indissociables l’une de l’autre.
La crise nous a montré que le temps n’est plus à la finance et aux casses sociales mais bien à la réflexion citoyenne pour une transition vers une autre société, une société d’émancipation.
Un service public de l’énergie
L’énergie la moins chère, l’énergie la moins polluante reste celle que l’on ne consomme pas. Seul un plan de sobriété (isolation des bâtiments par exemple), d’efficacité énergétique et de production via les énergies renouvelables peut permettre des emplois pérennes et un équilibre avec l’environnement. Or produire des économies est incompatible avec les logiques financières et productivistes du système capitaliste. C’est pourquoi seul le service public est en mesure d’apporter les solutions sociales et de réaliser la transition écologique de l’économie française.
L’intérêt général et la responsabilité vis-à-vis des générations futures passe par une sortie progressive des énergies non renouvelables (pétrole, uranium, gaz, charbon) et donc une transition des secteurs industriels concernés.
Le Parti de Gauche revendique la nationalisation de Total et son intégration dans un grand service public de l’énergie qui agira dans le sens d’une société plus sobre en énergie et d’une sortie progressive des énergies fossiles et du nucléaire.
Mathieu Agostini
Total Raffinerie des Flandres de Dunkerque : avec les grévistes,
nous voulons des réponses écologiques et socialement acceptables.
Depuis le 12 janvier 2010 les salarié-e-s de la Raffinerie des Flandres sont en grève ; le mouvement est animé par une intersyndicale SUD/CGT/FO. Nous avons déjà eu l’occasion sous des formes diverses de manifester notre soutien (manifestations, appels, motions, interpellation des pouvoirs publics, etc.). Alors que les salarié-e-s de Total sont en grève depuis bientôt trois mois, nous voulons redire ici l’urgence de trouver des solutions à ce conflit social.
Cette grève pose deux questions essentielles : la question sociale et la question écologique. Les salarié-e-s de Total nous montrent à quel point les deux sont liées. Actuellement le gouvernement et la direction de Total ne répondent à aucun de ces problèmes.
La solution sociale, c’est le maintien des emplois des salarié-e-s de Total et des entreprises de sous-traitance. Mais on ne peut ignorer que l’avenir n’est pas à raffiner toujours plus de pétrole !
La solution écologique, c’est la reconversion vers des activités plus durables. Mais l’écologie ne peut se concevoir en excluant les hommes et les femmes qui travaillent sur ce site.
L’argument économique mis en avant par Total n’est pas recevable : en 2009, Total a engrangé près de 8 milliards d’euros de bénéfices (2009, c’est l’année de la crise !), après les 13,9 milliards de 2008.
Voilà pourquoi, nous demandons au gouvernement de prendre les mesures pour qu’immédiatement Total relance l’activité de la Raffinerie des Flandres, garantissent son existence et les emplois pour les 5 prochaines années. Nous demandons que ce délai soit mis à profit pour étudier un projet de reconversion écologiquement soutenable, en associant les salarié-e-s et leurs organisations syndicales, les élu-e-s locaux et régionaux, ...
Signataires :
Philippe Wullens (SUD Chimie Total RF, Intersyndicale de la Raffinerie des Flandres)
Marc Pigeon (CGT Total RF, Intersyndicale de la Raffinerie des Flandres)
Patrice Leclaire (FO Total RF, Intersyndicale de la Raffinerie des Flandres)
Jacky Pailloux (Union syndicale SUD Chimie/Pharma)
Sophie Zafari (Fédération Syndicale Unitaire FSU)
Christian Mahieux (Union syndicale Solidaires)
Edith Soboul (Alternative Libertaire - AL)
Jean-Jacques Boislaroussie (Les Alternatifs)
Pierre Zarka (Communiste Unitaire - OMOS)
Pierre Cours-Salies (Fédération pour une alternative sociale et écologique - FASE)
Olivier Besancenot (Nouveau Parti Anticapitaliste - NPA)
Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche - PG)
Cécile Duflot (Les Verts)
Yann Fiévet (Action Consommation)
Anisabel Milekic-Veillot (Association D’Objecteurs de Croissance - AdOC)
Maxime Combes (Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs - AITEC)
Philippe Villechalane (Association Pour l’Emploi, l’Information et la Solidarité - APEIS)
Geneviève Azam (Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l’Action Citoyenne - ATTAC)
Patrick Braouzec, député
Hélène Flautre, députée européenne




