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Sortir de la co-gestion de l’agriculture avec la FNSEA

Dimanche 3 Octobre 2010
  Laurent Levard

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Depuis le 7 septembre, la Confédération paysanne occupe la Maison du lait, à Paris, pour demander la reconnaissance de la diversité syndicale dans l’interprofession laitière.

Comme dans la plupart des interprofessions (structures regroupant les différents acteurs d’une filière : producteurs, transformateurs, distributeurs), seul le syndicat agricole majoritaire -en l’occurrence la FNPL (Fédération Nationale des Producteurs de Lait), affiliée à la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles)- est représenté dans le collège des producteurs, alors que la Confédération Paysanne et la Coordination Rurale sont reconnues comme « représentatives » au niveau national. Elles ont en effet obtenu plus de 15% des voix (respectivement 19,6% et 18,7%) aux dernières élections pour les Chambres d’Agriculture.

Cette exclusion est d’autant plus anti-démocratique que le gouvernement décide souvent d’une extension des accords interprofessionnels (accords concernant la qualité des produits, la commercialisation, etc.), qui s’appliquent à tous les agriculteurs. Ces derniers sont alors soumis à une cotisation obligatoire payée à l’interprofession.

En juin dernier, la majorité a refusé d’intégrer à la Loi de Modernisation de l’Agriculture et de la Pêche (LMAP) les amendements présentés par la gauche pour faire respecter la pluralité syndicale dans les interprofessions.

Ceci n’est qu’un aspect de la soumission quasi-constante depuis des décennies du pouvoir à la FNSEA avec laquelle la politique agricole est largement co-gérée. Contrôlant de nombreuses structures, notamment les Chambres d’Agriculture et les SAFER, la FNSEA a habilement su fédérer la majorité des agriculteurs au nom de l’ « unité syndicale » et autour de discours globaux, alors que, dans la pratique, elle a soutenu les politiques menant à la concentration de la production et à la disparition progressive des plus petites exploitations, non « compétitives » dans le contexte actuel de prix et de politique agricole (plus les agriculteurs sont riches, plus ils reçoivent de soutien).

Le Parti de Gauche s’est prononcé en faveur d’une refonte des organismes agricoles, afin notamment d’en finir avec ce système de co-gestion et de permettre l’application d’une politique agricole au service de l’intérêt général.

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