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Dans l’agglo Est-Ensemble l’eau reste privée
Mardi 30 novembre, les 91 élus du Conseil communautaire de l’agglomération Est-Ensemble étaient amenés à prendre position sur le type de gestion souhaitée pour l’eau. La jeune communauté d’agglomération, qui regroupe neuf communes de Seine-Saint-Denis devait en effet voter pour ou contre son adhésion au Syndicat des Eaux d’Île-de-France (le Sedif). Présidé par André Santini, le puissant SEDIF représente le marché le plus juteux d’Europe en terme de délégation de service public de l’eau : près de 400 millions d’euros par an ! Un marché détenu par Véolia (ex Générale des Eaux) depuis... 1923, et qui malgré de nombreuses irrégularités signalées par la Cour des Comptes a été renouvelé en juin dernier pour douze ans.
Les élus de gauche n’ont de cesse de dénoncer cette marchandisation de l’eau et de prôner un passage en régie publique, à l’instar de ce que vient de réaliser Gabriel Amard, Président des Lacs de l’Essonne. Et pourtant. Le 30 novembre, sur proposition du Président socialiste d’Est-Ensemble, Bertrand Kern, c’est le retour dans le giron du Sedif qui l’a emporté, avec l’assentiment des 41 élus socialistes mais également de 6 élus communistes ! Bien-sûr, ce vote était enrobé d’un discours ultra-favorable à la régie publique et justifié par de pseudos raisons juridico-techniques. Les mêmes, sans doute, qui avaient amené élus communistes et socialistes à s’abstenir lors de l’attribution du marché du Sedif à Véolia plutôt que de s’y opposer fermement.
Mais où est-elle, la gauche par l’exemple ? Alors que la population se mobilise depuis un an pour obtenir un véritable service public de l’eau, seuls les élus du Parti de Gauche, d’Europe-Ecologie les Verts et d’Alteragglo portent la même exigence devant le Conseil depuis la création d’Est-Ensemble, en janvier 2010. Kern et ses acolytes font la sourde oreille, refusant d’organiser tout débat public sur la question, affirmant même que « le débat sur la question de l’eau n’est pas essentiel » à Est-Ensemble ! La lutte contre la marchandisation de l’eau est un véritable enjeu en France, où 70 % de sa gestion est déléguée au privé, et plus particulièrement aux multinationales Suez et Véolia. Elle est officiellement au cœur des préoccupations des élus de gauche mais le chemin semble long avant qu’elle ne soit réellement au cœur de leur action.




